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Le Temps coule, au début, comme coule un ruisseau :
Il s'amuse, il musarde au gré de sa jeunesse,
Il badaude, il se sent libre comme un oiseau
Et le Temps prend son temps puisque rien ne le presse.
Il gonfle, il s'amplifie et devient un torrent,
Il se heurte aux rochers, il bouillonne, il écume,
Il attaque le monde, il veut sortir du rang
Mais, petit à petit, sa fureur se consume.
Après avoir franchi des jours, des mois, des ans,
Son flot tumultueux se montre plus docile,
La rivière du Temps, sous des cieux apaisants,
Sommeille dans le lit d'un long fleuve tranquille.
Quand, plus tard, il verra le feu du dernier port
Éclairer le chenal de la Mer de silence,
Mer de l'éternité, qui s'appelle la Mort,
Le Temps retournera dans le néant immense.
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