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On ne sait pas encore s'il s'agit d'un accident, d'un suicide ou d'un meurtre. Pour avoir flashé sans arrêt les automobilistes qui dépassent les 80 km-heure sur la nationale 84, un radar a explosé. Est-ce à cause de cette succession ininterrompue de flashes? C'est une thèse à laquelle est favorable le célèbre professeur Machin qui pense, preuves à l'appui, que le radar se serait échauffé, puis aurait brûlé et explosé. Le professeur Lechose, autre célèbre spécialiste de la "radarite", penche, lui, pour un suicide. Il explique que l'appareil fatigué, stressé, à force de travailler sans arrêt, se sachant d'autre part sans espoir de retraite, du moins en bon état, et sans aucune possibilité d'avancement de carrière, aurait "pété les plombs" et se serait immolé par le feu.
La police, quant à elle, est persuadée qu'il s'agit d'un attentat. Qu'elle attribuerait volontiers aux fameux "bonnets rouges"ou aux séparatistes bretons. Les uns comme les autres réfutent ces arguments et déclarent n'avoir jamais eu aucune action de ce genre ni même aucune intention de commettre un tel acte qu'ils condamnent fortement. Le porte parole des séparatistes a même déclaré : "Nous ne nous attaquerons jamais aux appareils pas plus qu'aux gens irresponsables qui sont, comme nous, des victimes des actions gouvernementales et d'une conduite politique qui, à l'évidence, ne tient pas la route." (Nous citons mot pour mot).
L'inspecteur Leflair, bien connu pour avoir déjà résolu quelques problèmes un peu comparables, a été chargé de l'enquête. Mais nous savons déjà que l'affaire se complique dans la mesure où les pompiers, appelés en urgence, ont été retardés par justement ces 80 kmh. Et ils ont assisté, impuissants, à l'embrasement du radar n° 22. Il leur a manqué 13 mètres, ont-il précisé.
Toujours est-il que nous avons assisté à des scène surréalistes de gens pleurant, chantant et dansant, on ne sait si c'est de regret ou de joie. A moins que ce soit de lassitude et de stress pour avoir été si longtemps presque immobilisés sur la route, avec une circulation au ralenti, voire à l'arrêt, sous un soleil de plomb. A cause des embouteillages dus aux limitations de vitesse et des nombreuses interpellations d'automobilistes fautifs.
Nous tiendrons bien sûr nos lecteurs au courant, au fur et à mesure de l'avancement de l'enquête. Dont nous pouvons déjà affirmer qu'elle ne respectera pas, si elle le peut, les 80 kmh. Et même nous espérons que la lumière sur ce triste fait-divers (bien qu'ayant eu lieu en plein été) pourra elle, flasher, sans contrainte de restrictions ou d'amendes.
Ci-joint, extraite du dossier, une photo vengeresse du radar détruit, prise par un automobiliste hilare. On y remarque plusieurs suspects potentiels, semblant rôder avec un air bizarre, voire louche selon l'inspecteur Leflair.
De notre envoyé spécial RS
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