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"Le monde m'embarrasse et je ne puis songer
Qu'une telle horloge existe et n'ait pas d'horloger".
Voltaire
Le monde offert, voulu,
porté par mes mains maladroites,
paumes tournées vers le soleil,
çà je peux l'assumer.
Mais mon pauvre cerveau,
incapable d'apprendre,
de retenir, comprendre,
asphyxié qu'il est
par la démesure entrevue,
ne pourra jamais,
même pas soupçonner
les espaces, les mondes
d'univers inconnus en leurs immensités.
Serait-ce vrai qu'ils pourraient être,
selon les thèses de certains,
l'émanation projetée dans l'espace et le temps,
toujours en expansion et toujours ordonnée,
dans l'apparente contradiction
d'un désordre qui n'en est pas
et que les plus savants commencent à admettre
à défaut de pouvoir l'expliquer :
pensée matérialisée d'une intelligence telle
qu'elle restera à tout jamais
hors de portée
des cerveaux humains et des machines programmées ?
Et moi, pauvre impuissant,
qui me casse la tête
à vouloir tenter de percer,
ne fusse qu'un tout petit peu
d'une infime minuscule partie
du grand mystère de l'univers.
Alors même que je n'ai nulle idée
d'un au-delà inexpliqué.
Je demande la grâce,
ou la chance, ou l'amour,
la volonté d'atteindre
l'abandon nécessaire qui mène à la confiance
pour pouvoir admettre enfin
cette force importante :
l'acceptation de l'ignorance
du tout petit.
Pendant les Perséides. Été 2018
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