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Légende médiévale occitane (JR.).
« La plus magnifique des Merveilles »
Il était une fois, en pays d’Occitanie deux châteaux aux murailles dentelées de créneaux et aux logis éclairés par de belles fenêtres à meneaux.
Ces deux châteaux, étaient tous deux bâtis l’un en face de l’autre sur les hauteurs qui dominait chacune des rives d’une jolie rivière aux eaux d’argent.
Dans l’un de ces châteaux, vivait une jolie princesse aux limpides yeux bleus qui contrastaient avec l’ébène de ses cheveux et le brun satin de sa peau.
Elle était belle comme un jour nouveau, et, quand elle dansait sur la terrasse du château de son père, au son du luth, et qu’alors les voiles de soie de toutes couleurs dont elle était vêtue, soulignaient les formes de son corps, nul ne pouvait détourner son regard de cette divine vision.
Et tous dans les environs connaissaient l’existence de cette ravissante Princesse et il ne se passait pas un jour où un ou plusieurs riches et nobles prétendants ne viennent pour demander sa main à son père.
Mais la belle demoiselle, chaque soir, à la fraicheur qu’installe la nuit, du balcon de sa chambre, voyait, dans la cour du château sur la colline d’en face, quatre jeunes frères, princes eux aussi, se livrer entre-eux à des joutes d’armes.
Si fait que la belle doucement, par de gentils gestes amicaux, avait tissé un lien platonique mais chaleureux avec chacun.
Il en résulta que ces quatre frères Alban, Bertran, Carles, Johan, vinrent demander ensembles, mais pour leur compte personnel, la main de la jolie princesse.
Elle était bien embêtée d’avoir à choisir car à coup sur, son choix fera le bonheur de l’un mais aussi le désespoir des trois autres.
La belle demanda à réfléchir et les quatre jeunes gens repartirent vers leur château d’en face.
Un soir qu’elle guettait ses amis, le parfum de la rose rouge qu’elle avait posée sur ses genoux l’inspira.
Elle avait trouvé la solution à son dilemme.
Le lendemain matin, elle fit venir les quatre frères au palais et leur dit :
- « courez le monde durant une année et je serais l’épouse de celui qui m’apportera la plus belle merveille qui existe sur cette terre ».
Les quatre frères quittèrent donc leur beau pays d’Occitanie, à la recherche de la plus somptueuse merveille seule capable de capturer le cœur de la jolie Princesse.
Alban, l’aîné, partit vers le nord.
Bertran prit la direction du levant.
Carles, lui, porta ses pas vers le couchant.
Et Johan le cadet embarqua à Aigues-mortes pour naviguer vers l’orient.
* Le voyage de l’aîné fut de courte durée en quelques jours il avait atteint une cité où, un mage l’avait abordé en lui disant : « vient avec moi, j’ai la merveille que tu cherches et que tu désire ». Arrivé à la maison du mage, ce dernier lui fit voir un miroir où se reflétait l’image de celle ou de celui à qui pensait de celui qui le tenait et avec qui il pouvait converser.
Le mage dit à Alban :
-« si tu me sers durant six mois, je te donne ce miroir extraordinaire et merveilleux !
Le jeune homme accepta le marché.
* Bertran lui était parvenu dans une riche ville et, comme son frère, il avait été abordé par un inconnu qui lui proposa d’acheter un tapi. Arrivé à la boutique, l’inconnu déroula sur la terrasse un somptueux tapis et invita Bertran à venir s’y asseoir à coté de lui. Aussitôt, le tapi s’envola et les emmenèrent au dessus des grandes cités dont ils nommaient le nom.
Ce tapis était merveilleux mais aussi horriblement cher. Mais pu importe il donna à l’inconnu, tout l’argent qu’il avait emporté.
* Cales quand à lui, arriva dans une ville le jour du marché. Alors qu’il déambulant entre les échoppes ou on vendait de délicieux fruits, il se fit apostropher par une marchande paysanne qui lui demanda de venir près d’elle. A son oreille elle lui dit :
- « je sais ce que tu recherches j’ai ici des pommes magiques qui ont le pouvoir de guérir de toutes les maladies connues et inconnues, celle ou celui qui mord dedans. Ecoute lui dit elle, tu me ramènes la charrette chez moi et je te donne une de ces merveilleuses pommes.
Quand l’année fut à son terme, seuls trois des frères se retrouvèrent sur la colline d’où ils étaient partis. Seul Johan, le plus jeune, n'était pas encore là. Qu’est-ce qu’il lui était arrivé ?
Alban sortit alors son miroir, et pensa à Johan. L’image de son frère apparue et Johan lui dit : - « Ne m'attendez pas, car ce que j'apporte est lourd et fragile et je n'avance que lentement. »
Puis Alban pensa à la belle Princesse qui les attendait. L’image de la belle apparu sur le miroir et les trois frères purent voir qu’elle était alitée et très malade et que sa mort était imminente.
C'était le moment ou jamais pour Bertran d'utiliser son tapis volant. Il l'étendit. Tous les trois s’y assirent et Cales tira la pomme guérisseuse de sa poche.
Le tapis s’envola et fila comme une flèche vers le Château ou se mourrait la beauté qu’ils rêvaient tous les trois d’épouser.
La jeune fille goûta la pomme de Carles et fut aussitôt guérie et toute souriante. Elle leur dit :
- « Je vous rends grâce, mais je ne puis prendre pour mari aucun de vous, car vous prétendez tous les trois que c'est à votre merveille que je dois la vie : le miroir qui vous a appris que j'étais malade, le tapis qui vous a si rapidement transportés et la pomme à laquelle je viens de mordre m’a guéri. »
Mais, ce ne sont là que des choses magiques bien utiles, ce ne sont point là les plus magnifiques merveilles !
A ce moment, Johan arriva enfin, tenant en ses mains une énorme caisse de bois rempli de terre dans laquelle était planté un rosier en fleurs ;
La belle alla aussitôt embrasser Johan et dit à ses frères :
« Une seule de ces roses que m’apporte votre frère Johan, est la plus magnifique des merveilles. C’est donc avec lui, que je me marierai.
Voyez belles gentes Dames et beaux gentilshommes ce qu’est réellement le pouvoir d’une rose rouge sur les genoux d’une damoiselle, et quand on sait deviner l’importance qu’elle à pour elle.
Johan (JR.).
Une pensée pour mon Amie Hélène qui aime beaucoup les légendes !
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