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« La légende des deux amants de Teruel. »
Nous somme en l’an de grâce 1212, en la cité antique de Teruel en royaume d’Aragon.
Un couple se donnant la main, monte les escaliers partiellement baignés par les timides rayons du soleil matinal.
À côté de la fontaine, que l’ombre baignait le couple s’arrête, pour s’échanger leur demande en mariage.
Les deux jeunes gens qui s’aiment aux yeux de tous, depuis l’enfance.
Elle s’appelle Isabeau de Segura. Elle est fille unique de Pedro Segura qui tient la maison la plus riche de la ville.
Lui, il se nomme Juan Diégo de Marcilla. Il est le fils le cadet de Constanza Pérez Tízón sa mère, et de Don martin de Marcilla, son père, descendant lui-même de Don Blasco de Marcilla, un capitaine émérite qui, en 1171, sous le règne du roi Alphonse II, a conquis la ville de Teruel aux musulmans.
Lorsque Juan Diégo vint demander la main d’Isabelle à son père, et devant l’incapacité du jeune homme d’apporter une dot au moins égale à celle d’Isabelle, car dans les grandes familles de noblesses, l’héritage était réservé uniquement au fils ainé. Celui-ci refusa tout net.
Il lui dit que pour marier sa fille, sa préférence allait à Pedro, l’aîné héritier de la richissime famille Azagra.
Mais devant les pleures et la souffrance de sa fille, le père d’Isabelle accorde alors à Juan Diégo un délai de cinq ans pour qu’il puisse réunir assez d’argent pour permettre ce mariage. Au fond de lui-même, le père d’Isabelle espérait l’échec de Juan Diego.
En ce temps reculé, le royaume d’Aragon était en pleine reconquête des terres qui étaient tombées aux mains des musulmans en 711.
Pour faire fortune, Juan Diego s’engagea au service des troupes chrétiennes du roi Pedro II d’Aragon et partit combattre les musulmans dont les richesses étaient légendaires!
Pendant ces cinq années, Isabelle se rongeait les sangs et faisait tout pour repousser les demandes en mariage de bon nombre de nobles fortunés et de son prétendant en titre Pedro de Azagra.
Les cinq ans accordés à Juan Diego se passèrent sans que nul n’ait de ses nouvelles !
Subissant la pression et le courroux de son père.
Isabelle céda et elle se maria avec Pedro de Azagra.
Le lendemain de ce mariage, qui fut célébré séance tenante, Juan Diego rentrait dans Teruel à la tête d’un convoi de serviteurs et de mules portant tous les trésors qu’il avait gagnés à la guerre.
Quand il apprit ce qui venait de se passer, et que sa douce Isabelle était mariée de la veille, il s’effondra de chagrin et dans un sursaut de courage, il alla demander à Isabelle un dernier baiser d’adieu.
La mort dans l’âme Isabelle, en tant que femme mariée, fut obligée de lui refuser ce baiser. De ce refus, le cœur de Juan Diego s’arrêta de battre et il mourut aux pieds d’Isabelle.
Lors des obsèques de Juan Diego, le lendemain, comme la tradition le voulait, Isabelle donna au défunt le baiser qu’elle lui avait refusé la veille alors qu’il vivait encore.
Ce baiser fut si intense et chargé d’émotion, qu’il coupa le souffle d’Isabelle qu’elle ne put reprendre et, à son tour. Elle mourut au pied du cercueil de Juan Diego.
Nul n’osa les séparer de nouveau et ils furent enterrés l’un près de l’autre.
Nous étions alors en l’an de grâce 1217.
Leurs dépouilles furent, toutes deux, exhumées en 1555, pour être mises dans une tombe située dans le cloitre de l’église de San Pedro de Teruel.
En 1955 le sculpteur Juan Avalos construisit leur mausolée et sculpta les deux magnifiques gisants dans de l’albâtre.
Johan (JR.).
Textes anciens qui ont servi à rédiger ce récit :
* Archives du conseil de Teruel en avril 1619, folios 128-138 et découvertes et transcrites par le chercheur en histoire Jaime Caruana le 9 février 1958.
Ces archives sont confirmées par Juan Hernández, de Teruel et Félix Lardiés de Zaragoza, dans leurs protocoles respectifs de 1619.
* Papier de San Pedro. Apocryphe écrit conservé dans la sacristie de l'église. Il a été écrit dans le dernier tiers du dix-huitième siècle et trouvé par Isidoro de Antillón en 1806. Ces papiers sont aujourd’hui disparus.
* BLASCO DE LANUZA. (Vicencio.). : « Histoires ecclésiastiques et laïques d'Aragon » (Vol. II). Zaragoza, Juan de Lanaja y Quartanet, 1619 y 1622. Saragosse, Juan de Lanaja et Quartanet, 1619 et 1622.
COMELLA, (Luciano Francisco.). : « Los Amantes de Teruel ». Scène lyrique tragique. Musique Blas de Laserna . Madrid, 1794.
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