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Deux jonquilles au jardin, ourlées de givre blanc
Frissonnent tristement dans un coin de printemps
Et le seul crocus, serré dans sa robe mauve
Me rappelle un tableau au mur de ton alcôve.
L'herbe gelée craque sous mes pas allégés
Je survole la terre, j'ai peur de la fouler
Mon écharpe de laine hérisse mes cheveux
Ce froid sec mord mes joues, et me brûle les yeux.
Un bel oiseau perdu pousse un cri qui m'étonne
Nul n'entend sa plainte, quand le vent s'époumone
Mon cœur bat sous ses ailes noires, mélancolie !
Tu me prends dans tes bras, et moi, je te souris.
Tu ne sais à l'instant le feu de mon envie
L'hiver me maltraite, déchire mes jours et mes nuits
La fontaine est figée, les chérubins de pierre
Pleurent les jeux sans fin, de la saison dernière.
Combien de printemps, d'étés, sans doute d'automnes
Avant de goûter à ta peau d'orient fiévreux
Rêve insensé, surtout ne le dis à personne
Car j'ai plus peur que toi d'un rendez-vous à deux.
Deux primevères au jardin, baisers du printemps
Frissonnent tristement, ourlées de givre blanc
Et le seul crocus, serré dans sa robe mauve
Me rappelle un tableau au mur de ton alcôve.

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