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Carnet de voyage (5)
« Gitana »
En cette terre que brule le soleil,
Où le chardon est devenu paille,
Où les taureaux s’ensommeillent,
Elle se languit, où qu’elle aille.
Pourtant, elle aime l’Andalousie !
Mais cet amour ne luit que la nuit,
Lorsque le jour se noie dans la mer,
Quand l’air porte ses senteurs orangères.
Alors, à la lueur d un feu de bois flottés,
La gitane attise le chant de son cœur,
Pour qu’il chasse de sa vie, ses malheurs,
Par une complainte à son âme, adressée.
Puis cette mélancolie, doucement, s’endort,
Pour laisser vibrer les peaux des penderetas,
Qui, endiablant, les guitares aux cordes d’or,
Transforment, ainsi, toute la plage en feria.
Alors, devant ce feu crépitant, le corps offert,
La gitane, danse, pleure et balance ses hanches,
Au rythme envoutant de cette musique arabo-ibère,
Jusqu’à ce que son âme, enfin, s’envole en prière.
Johan (JR.).
Image d'illustration ; "Encre flamenco" Aquarelle de Josette Marrel - 2008
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