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Fouquier-Tinville (1746-1794)

le lundi 24 septembre 2018, à 12:03. Posté par Michel Ernest


    Antoine de Fouquier-Tinville
    Était un noble, un noblaillon
    Alors pourquoi aux gueux a-t-il
    Confisqué leur révolution ?

    On peut être robespierriste
    Et aimer la chevalerie
    Comme on peut être royaliste
    Et aimer la mère-patrie

    Mais dire que Fouquier-Tinville
    Était un juge de valeur
    Je répondrais d'un ton tranquille
    Non : "C'était un "serial killer"

    C'est à Hérouël, en Picardie
    D'Éloi, dont il est digne fils
    Que naît notre héros susdit
    En mil sept cent quarante-six

    Son père, le seigneur local
    Lui donne Tinville à gérer
    Hérouël, la terre principale
    À l'aîné étant réservée

    Il entre à Noyon, au collège
    Pour suivre de pieuses études
    Mais six ans après les abrège
    Pour travailler dans une étude

    Dans une étude de notaire
    Où on l'embauche comme clerc
    Puis, avec l'appui de son père
    Il devient notaire, c'est clair

    Il se marie à vingt-neuf ans,
    Avec une proche cousine
    Qui lui fait quatre beaux enfants
    Mais que le cinquième assassine

    Antoine seul avec ses gosses
    Tourne en rond désespérément
    Il croit que de nouvelles noces
    Leur donneront autre maman

    Lors, il convole à toute hâte
    Et retourne à ses encriers
    Est-ce à partir de cette date
    Qu'Antoine devient renfrogné ?

    Voulant faire quelques affaires
    Comme son époque s'y prête
    Il perd sa charge de notaire
    Et doit rembourser mille dettes

    Il entre alors dans la police
    Du roi, comme simple employé
    Mais il devient, par des complices
    Commissaire de son quartier

    Quand la Révolution approche
    Il réclame un poste de juge
    À l'un de ses cousins très proche
    Qui sans condition lui adjuge

    Il faut dire que l'anophèle
    Si vous préférez : le cousin
    Est un des principaux rebelles
    Nommé Camille Desmoulins

    Très vite cet emploi le lasse
    Car il est trop calme pour lui
    Il aimerait mieux à la place
    Un poste qui fait plus de bruit

    Il a tellement de rancune
    Envers ses pairs, tant de critiques
    Que la République opportune
    Le nomme accusateur public

    La Révolution s'accélère
    Fouquier-Tinville est au charbon
    Et choisit comme bon compère
    Le bourreau Charl' Henri Sanson

    Il envoie à la guillotine
    D'illustres et nobles personnes
    Des gens de pauvres origines
    Des pasteurs, des curés, des nonnes

    Durant dix-sept mois il occupe
    Le job d'accusateur public
    Mais les Français ne sont pas dupes
    Ils voient que c'est un fanatique

    Avec ses deux mille victimes
    Qu'il condamne pour l'échafaud
    Il est le recordman du crime
    Par procuration [jeu de mots]

    Tant et si bien que ses comparses
    De féroces républicains
    Lui font la déplaisante farce
    De le juger comme assassin

    Ainsi après le roi, la reine
    Les montagnards, les Girondins
    Vers l'échafaud Sanson le traîne
    Sans pitié pour son vieux copain

    En floréal de l'an troisième
    Avec lui d'autres vont tomber
    Et comme voir le sang, il aime
    On le fait passer le dernier

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