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IL SUFFIT D'UN RIEN...
A : NATACHA Peneau
Il suffit d'une rien, d'un trait fin, d'un geste
D'un simple dysfonctionnement de verbe
Pour que tout bascule dans les bras du néant
La plume est une arme multidimensionnelle
La plume est une ogive aux rameaux multiformes
Il suffit d'un rien, l'aube attendue devient crépusculaire
Les vagues calmes se transforment en raz - de - marée
Un orage passager change en un clin d'oeil en vrai déluge
Combien sont terribles ces brusques changements
Le bonheur qu'on savoure voile dans son sein de la peine
Le grand orgueil qu'on affiche n'est à la fin que temporel
La bonne santé regorge elle aussi de foyers de déclin...
Du volcan de mon coeur isolé et presque éteint
S'élèvent en bouillonnant toutes les laves incandescentes
Les failles dérivent avec violence vers d'autres ouvertes...
Tu viens de signer ma condamnation à la peine capitale
La chaise électrique est plus clémente que ton geste
L'inoculation lente de ton poison adoré a plus d'effets
Que mes nombreuses veillées et errances solitaires
La rose vénérée que j'ai souvent arrosée par pur rituel
S'est révélée une fleur empoisonnée, anonyme, plastifiée...
Je ne regrette que pour mes lettres qui voyagent sans fin
Pour mes jours et nuits et une mémoire ouvertement trahie
Gémir la dépouille, le cortège funèbre est toujours vain
Quand le corps qu'on chérit rejoint le monde de la poussière
Il suffit d'un rien, d'un geste irréfléchi, d'un mot déplacé
Pour ciseler l'épitaphe sur la stèle d'une tombe fraîche
Ci - gît un bref épisode d'un feuilleton appelé... l'AMITIE
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© kacem LOUBAY
Mercredi 5 Septembre 2001
Khénifra / Maroc
[email protected]
Le poète de l’autre rive
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