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Après le déluge.

le jeudi 04 octobre 2018, à 20:29. Posté par Pascal



Ces quatre murs sales qui l’enserrent.
Ce bidon pâle et gonflé qui l’encombre.
Ce coup de couteau dans la cuisse d’un flic ;
Ce coup de trique entre ses cuisses innocentes.
En perdant son sang-froid, elle a pris trois piges.
Dans son ventre tout chaud, le terme est déjà là.
Privée de liberté, couchée en chien de fusil,
dans sa cellule glacée, elle râle et gémit.
Elle sent les coups de pied, se met en position.
Enfin les contractions annoncent la délivrance.
L’insensible matonne la conduit en urgence.
Elle pousse et accouche de l’enfant du malheur.
Cet heureux événement pour une vie bâclée,
change sa condition pour un autre quartier.
Elle quitte la Centrale au milieu des paumées,
rejoint la nurserie pour élever son bébé.
C’est toujours la prison pendant quatre saisons.
Une clé dans la serrure, épiée par un œilleton,
elle gueule et aboie quelle que soit la raison.
Car la taule ravage, avilie et mutile.
La détresse devient une colère mutine.
A force d’humiliations et d’actes de soumission,
elle explose en vol, craquant sous la pression.
En guise de punition, elle est jetée au mitard.
Elle apprend la leçon pour revoir son moutard.
Elle s’angoisse, elle a peur, surtout pour le petit.
Elle renonce à la haine pour une autre énergie.
Elle jure de changer, de se tenir à carreau,
pour rester au côté de son gentil marmot.
Les nuits sont difficiles et souvent agitées.
Hurlements nocturnes contre cris la journée.
Elle supplie le silence pour trouver un répit,
se reposer enfin, endormir son chéri.
Viennent des jours plus heureux et paisibles
où la mère trouve sa place dans ce milieu brutal.
L’enfant est soudain calme et moins peureux.
Il est sa douce lumière, une bouée de sauvetage,
un oasis de paix derrière ses maudits barreaux.
Ce bonheur éphémère est de courte durée.
Pour achever sa peine, elle ne peut le garder.
A partir de dix-huit mois, il doit être placé
dans une famille d’accueil où il sera choyé,
pour attendre sa maman, sa liberté retrouvée.
Elle a des sueurs, des nausées, des cauchemars,
des photos collées au mur et de rares parloirs.
Elle relit sans cesse les lettres qu’elle reçoit,
en apaisant sa rage et trouver la patience,
guettant le dénouement à sa funeste errance.
Elle le retrouve enfin et il se souvient d’elle.
Il l’appelle maman ; elle le sert dans ses bras.
Elle pleure toutes ses larmes et explose de joie.
Le déluge est fini, la galère s’achève.
Le ciel s’éclaircit et réalise son rêve.
La vie va reprendre pour un nouveau départ,
un horizon serein et un avenir à deux.

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