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A une affligée

le vendredi 12 octobre 2018, à 23:12. Posté par René


    Quand la nuit douloureuse ira vers sa lumière ,
    Que l'aube blanchira le velours des pénombres,
    Que le proche horizon éveillera le monde,
    Se lèvera le vent quémandeur de prières.

    Toi qui crus que le rêve et la vie s'épousaient
    Et attends un répit des heures à venir,
    Voici que tout à coup tu songes à remplir
    Le sursis de ta peine aux jeux de la rosée.

    Engrange le soleil étancheur de blessures.
    Les parfums de la nuit encensent le matin.
    Non ! Ne crains pas demain qui force les serrures.
    L'arc-en -ciel est un pont enjambant le destin.

    Une saison va naître au chef de sa courbure
    Et l'espoir se dresser pour culbuter l'hier.
    Comme l'étalon d'or s'ébrouant dans l'azur
    Piétine les lichens et les mousses d'hiver.

    Tu n'étais que sanglots, souvenirs et naguère,
    Seringue plantée pile au cadran des douleurs.
    Mais je vois ton fardeau qui se fâne et s'altère
    Tels aux fêtes d'antan les beaux tapis de fleurs.

    Et ce visage en toi qui te hante, t'obsède,
    Sans s'effacer jamais, ne te fera plus mal.
    L'oubli ? ... C'est un combat qui réclame ton aide.
    Estompe le récit en ton confessionnal.

    Certes tu te souviens des lendemains d'absence
    Et je sais que ton coeur souffre encor des regrets.
    Ceux-ci seront plus doux tant le temps va passer
    Et l'intérêt va naître au jour qui recommence.

    Car s'il en faut des pleurs pour arroser le monde,
    On justifie aussi sa souffrance à l'aimer.
    La peine n'a qu'un temps. Celui-ci va sa ronde
    Et même les torrents s'assèchent en été.

    Va ! Barbouille l'aurore à ta larme dernière !
    Au prisme de l'amour, l'univers resplendit.
    Sens tout contre tes reins le drap qui s'alanguit
    Et l'aube cheminante où perce une prière.

    A peine as-tu tracé la moitié de l'histoire.
    Ouvre plutôt la page au blanc appellatif.
    Mets-y le verbe aimer au mode indicatif.
    Ton coeur a fait son deuil, chanté son offertoire.

    Lors comme un vol humide, alouette estivale,
    Mets ta robe et accours au possible trouvé.
    Le petit prince est riche en son charme automnal.
    Le présent est d'émail au baiser conjugué.

    Mais nul ne pourra rien si ton désir perdure
    De honte et de remords, de culpabilité.
    Nul ne pourra hélas ! soigner ta déchirure
    Si tu tiens à garder ta fièvre tisonnée.

    Prends les mots du poème et fais-en un programme.
    Que l'épouvante en toi s'apaise à sa dictée.
    Un ange va venir en l'heure écartelée
    Recueillir l'épieu noir et le sang de ton âme.





















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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
peauaime le vendredi 12 octobre 2018, à 23:52
Bonsoir René,
J'adore vos vers, peut-être parce qu'il me parle au regard de ma réalité.
Mais plus encore par leur pure beauté.
Une grande leçon de vie et d'espoir aux âmes les plus noires blessées par désespoir d'amour.
Un grand et sincère merci pour ce partage.
Poétiquement,
Emmanuel

rivaudais le samedi 13 octobre 2018, à 00:41
Merci EMMANUEL (Quel beau prénom : Dieu avec nous !) Je suis sensible à votre façon de voir et dire les choses. Mais c'est parce que je lis parfois des vers magnifiques (ici et aussi ailleurs il faut le reconnaître) que j'essaye de faire un peu plus que de mon mieux. Au contact des meilleurs ici, je me veux exigeant pour moi. Et si ce que j'écris peut paraître acceptable à vos yeux, c'est à vous tous que je le dois.

micheline1940 le samedi 13 octobre 2018, à 04:28
Bonsoir cher René,
Votre magnifique poème, je l'ai ressenti profondément, intensément, et j'en fus touchée d'incroyable façon, par ce que reçu comme si vous me l'adressiez personnellement... reconnaissant ces états d'âme qui me correspondent tout particulièrement. Il se peut que vous me trouviez bien prétentieuse ! Alors, pardonnez-moi d'avoir osé vous écrire la sensation ciblée que votre merveilleux texte apporta à la pauvre lectrice que je suis.
Toute mon admiration pour votre talent, cher ami, et sachez le plaisir que j'eus à vous lire.
Avec ma toujours bien vive et sincère amitié,
Micheline.

rivaudais le samedi 13 octobre 2018, à 10:40
Chère Micheline, vous avez deviné.
Oui j'ai pensé à vous en publiant ce texte -que je crois être effectivement un poème. Pour une fois je 'en suis à peu près sûr-. J'ai pensé à vous, mais je n'ai pas osé vous le dédicacer C'est bien que vous l'ayez apprécié. Le contraire m'aurait contrarié. Mais je savais qu'il allait vous toucher. Croyez en ma sincère amitié, non dénuée d'admiration mais aussi de tristesse : je voudrais vous savoir heureuse

micheline1940 le lundi 15 octobre 2018, à 18:46
Sachez, bien cher René, que vous lire m'est précieux. Aussi, soyez-en remercié lorsque vos visites s'accompagnent d'aussi jolis compliments. Mais surtout, cher ami, ne vous tourmentez point. Si ma plume est quelques fois triste, mon âme a de ces joies inexplicablement ... incommensurables !
Toujours avec ma bien vive et franche amitié.
Micheline.

micheline1940 le lundi 15 octobre 2018, à 19:00
Je suis passée sur " OUI ou Impressions dans le noir " et vous y ai fait un petit coucou !
Bonne soirée,
M.

marcek le mardi 16 octobre 2018, à 00:51
Une écriture toujours aussi élégante et que j´ai Bien du plaisir à retrouver !
Amitiés

rivaudais le mercredi 17 octobre 2018, à 01:26
Merci Marcek pour ce commentaire qui me fait très plaisir car venant d'une(e) poète que j'admire. Mon amitié si vous l'acceptez

liameliavq le dimanche 28 octobre 2018, à 00:46
Un somptueux poème en présent à Micheline dont je vous félicite ! Vous êtes si talentueux tous les deux...
Avec toute ma sincère amitié.
LN.

rivaudais le lundi 05 novembre 2018, à 00:48
Merci liameliavq.Voici plusieurs commentaires que je lis de vous. Je ne croyais pas mériter de tels compliments. Vous m'en voyez ravi bien sûr et je ne sais comment vous dire combien je suis touché. Par contre de vous avoir lu (les commentaires je vais chercher vos poèmes) j'ai l'impression que vous m'accordez quelque chose qui ressemble à de l'intérêt. Voire de l'amitié. J'en serais très heureux.

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