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La Part sauvage et fissurée de l’Être.
…..C’est un Réel épars et morcelé, Fracture, Démembrement, Fissuration, un Être-en-Déchirure qui nous précède et nous advient dans l’Ecartèlement de la Naissance, Giclures de Sang et Chair froissée et Corps d’Angoisse abandonné en Solitude et Disjointure, Corps arraché à l’imprépensable Repos, Absence d’Être, Engourdissement bienheureux, Ô Immobilité divine, sublime Léthargie, parfaite Nuit !…..C’est en Altérité et à l’Altérité que la Fissuration sauvage et féconde de l’Être nous ouvre et jette parmi un Monde étrange, les étranges Semblables, dans la Danse féroce entre l’Inerte et le Vivant entremêlés, Provenance à jamais interdite et fermée, Présent rompu d’Eloignement, de Désir et d’Efforts et de Disparitions, Poussées, Ruées des Corps jouissant et souffrant vers le Triomphe de l’Opaque, Ô Tête de Méduse insoutenable, le Ne-Plus-Être !…..
C’est en Angoisse et Liberté que nous délivre l’Être en sa Fissuration et son Ecartement, aux Bords toujours du Rien et de l’Effondrement, l’Être-en-Eclats, l’Être-en-Eclairs, Constellations de Possibles et d’Impossible selon les Cristaux frêles de l’Histoire et du Temps, les Concaténations d’Epoques et les Ruptures, Ô Tremblement du Sens, irreprésentable Mouvance ! Nous marchons à l’Aveugle entre l’Inorganique d’où Tout provient et à quoi Tout retourne, et le Vivant-Mourant, la Chair qui passe et qui trépasse. Béance en Précession, Béance en Horizon et nous tentons sans cesse le Comblement de la Fissuration par les Rêves et les Oeuvres dans l’Articulation rêvante et méditante de la Pensée et de l’Imaginaire.
L’Exubérance extrême, l’Hubris de la Matière et du Vital, les Fulgurances de Pulsions égotistes et létales nous tiennent et nous hantent, la Part sauvage et fissurée de l’Être chavire les Corps et court sous la Conscience, l’Abyssal qui se ferme en tout Manifesté, ce Résidu irréductible, indisponible qui lutte en Résistance avec l’Intelligible et le Manipulable, Combat originel et titanesque entre les Forces d’Eclaircie et la Ténèbre qui nous habite à notre Insu, Ô Matière sourde et massive, lestée d’Insolite, d’Indéchiffrable, Ô Litige incessant de l’Informe et du Sens oscillant, toujours recommencé !…..
Et je rêvais souvent d’un éternel Repos d’avant les Origines, de l’Indolence imaginaire du Non-Né, Nid, Grotte et Gouffre, Eau primordiale, Abîme de Langueur, Nuit utérine, Corps maternel en son Tréfonds, en la Rotondité de son Abri et sa Tiédeur de Laine, Duvet, Velours, une Etoffe parfaite et soyeuse, Ventre profond, Puits de Mousse, Enveloppe immobile et fluide, Fond central et chthonien, Lit d’Herbe et de Feuillage, Creux insondable de Bonheur et de Délices, Coquille d’Entrailles chaudes, Orbe, Membrane moelleuse, Paumes infiniment refermées sur la Chair rose d’un extrême Dedans, Bulle, Berceau et Bogue, Ô éternel Terrier d’Amour et de Portage que nulle Fissuration, nul Temps ne sauraient interrompre, nulle Extériorité !…..
Ineffable Bonheur de ne pas être né que nous ne connaîtrons jamais, seuls, peut-être, un Langage à l’Extrême, à Outrance et les Traces énigmatiques que l’Inconscient laisse parfois percer, peuvent-ils approcher les Zones insaisissables de l’Impossible-même et figurer confusément la Lutte en nous de la Poussée vitale et du Désir de Mort, au Miroir l’un de l’autre, ni Vous sans Moi, ni Moi sans Vous, à la Vie à la Mort, Sortilège et Serment des Amants magnifiques, Initiation aux Mystères de l’Être de l’Homme et de la Femme, Ô Fissuration d’Amour !…..
Est-ce l’Altérité qu’il faut aimer plus que Soi-même, l’Epars et le Morcellement qui nous sont impartis, la Déchirure de l’Être qui nous traverse, nous constitue et destitue en Finitude ? Est-ce l’Incalculable et les humiliantes Limites du Connaître, le Démoniaque en nous qui veut la Volonté du Transhumain, les Corps et les Consciences dans leur Machination parfaite ? Est-ce la Déficience qu’il faut aimer, qui nous porte à aimer, d’Âge en Âge transmise par les Générations ? Est-ce la Destinée tragique de Chacun et de Tous et qui inscrit nos Vies dans le Réel inorganique où nous retournerons ? Est-ce le Tremblement du Sens, l’Homme problématique et disloqué dont l’Art laisse en Beauté se dire l’errante Vérité, les Forces d’Eclaircie et de Ténèbre jointes et désajointées ? La Loi, la Partition sauvage et fissurée de l’Être ?…..
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