|

Tu es au fond du verre avec seule richesse,
Un coin d’une table, loin de tous les aouls ;
Dédales des chemins où se trouve l’ivresse,
Ces puits insondables dans lesquels tu te saoul !
Ton godet à la main, lui, aisément dénombre,
Lui, il t’assassine, faisant le tour des bars,
Puisant dans les couleurs des tubes aux couleurs sombres
Des tableaux sans soleil, berceaux de cauchemars !
Temps pressé de larguer et de mettre les voiles,
Larmes versant poison en sordide taudis.
Vents, houles, désespoirs, pour pinceaux mis sur toiles
Peine pour train de vie, de ce néant maudit !
En ton cœur de vains rêves emplissaient un ciboire,
Trajet de terreurs vagues au fond des intestins,
Soupirs du temps qui sue, en travers de l’histoire,
Pour que jour se voile à lune trillant destin !
Un azur velours noir ne cesse de dépeindre,
Ce refrain qui s’exhausse et s’invite à l’horreur,
Esquif au fleuve d’encre, aucun pleur pour éteindre,
Ces flammes qui te brûlent en ilot de noirceur.
Ta vie prie le morne de l’ample servitude,
Sur les bords de ta coupe ton esprit est trompeur,
Car jamais ne se noie l’amère solitude
Elle enfle ta déroute où là tu pries la peur !
Tu es en fond de cale, atmosphère ouateuse.
Egaré dans la soute en butte dans les seilles,
Déambulant sans but, une brise menteuse
T’envoyant le bouquet d’un culot de bouteille !
Liséré de tes yeux soulignent tes frayeurs,
Tu plisse paupières, ton regard se fait gourd…
Au théâtre public tu es piètre amuseur
Ta vie fait son bagage suivit d’un non-retour !
plumedefou
|