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Il était une histoire....

le mardi 14 juin 2005, à 18:32. Posté par Michel (auteur : Michel Liotard)





    Blaise restait perplexe.

    Oui, reprit-il, lorsque tout le monde ment, et dans ces circonstances, dire la vérité comporte un risque. Alors que tout le monde devrait dire la vérité et arrêter de mentir.
    Ceux qui n'ont jamais expérimenté le miracle en seront pour leurs frais.
    Il se passera des miracles. Et ils seront peut-être cette fois perceptibles au plus grand nombre.

    De ce point de vue, miraculeux signifierait : changement brusque et soudain d'un niveau de conscience vers l'expansion.

    Ils se mettraient à penser différemment et feraient des choses différentes.
    Tout le monde sait cela. Puisque tout le monde sait bien au fond ce qui est bon pour soi ou ce qui est néfaste, et que ne dépendent que de nos choix l'évolution ou la déchéance.

    La liberté d'agir dans son intérêt, de se déstructurer, de se désintégrer, de se recomposer.

    La liberté n'est pas une utopie, et elle ne dépend de personne d'autre que de soi-même.
    Bien sûr, les obstacles sont nombreux et l'affaire n'est pas facile.
    Prends bien garde déjà à ne jamais te départir de l'humilité.

    Le succès, le savoir, ou bien souvent peu de choses peuvent enfler ton orgueil à outrance et soulever tes pieds de la réalité.

    Oui, Blaise, tu appartiens à cette famille de diversités, à qui tout est possible dans tous les sens et dans tous les termes.

    Mais toujours pareil. Etre ou ne pas être. En français, en anglais, en javanais,
    être heureux, ou ne pas l'être.

    Chacun ses choix, chacun ses vues, chacun sa musique.

    Et l'on ne cesse jamais d'être un vrai musicien, chaque jour, chaque instant, à jouer de plus en plus vrai, de plus en plus juste pour sans cesse préparer le chef-d'oeuvre qui, peut-être, admettons-le, ne se jouera jamais.

    Tout est possible. Les jeux de hasard. On mise ce que l'on veut.
    Le résultat, on ne le connaît pas d'avance, et même si la tendance est de le croire prévisible, les résultats inattendus seront en nombre, quelquefois bienheureux, d'autres fois pires.

    C'est pour cette raison que tout le monde a des choses à dire. Ce qui est très bien. Ce qui implique aussi qu'il est avantageux de savoir écouter. Ou de savoir s'en aller s'il n'y a rien à écouter, et pouvoir trouver dans le silence du réconfort à nos frustrations. Car la frustration peut faire mal. Tout le monde sait cela. Tout le monde sait bien au fond les revers des mensonges, mais on ne peut pas mentir au silence, on ne peut mentir qu'aux autres et, si l'on est vraiment de mauvaise foi, aussi à soi.

    Nul n'est parfait. Et aussi proche soit-on de la perfection, il reste toujours quelque chose d'autre à faire. Passion de la vie.
    Et, bien entendu, tout le monde sait cela.
    Mais à ce moment, un autre acteur entre en jeu ; la peur, qui fait que tant d'élans se réfrènent d'eux-mêmes et qui jette aux oublis des désirs avortés.

    Oui, tout le monde sait cela, car nous sommes bien plus pareils que différents et, de toute façon, sur le même bateau.

    Tout le monde a des oublis. Mais bien entendu tout le monde sait cela.





    Illustration: Un dessin de Marol
    (Voir liens)

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