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Dimanche, une petite cavalcade de mots pour bien attaquer la journée et partager notre plaisir du vocabulaire. Bon réveil poétique à toutes et tous.
J’en ai marre d’être…
un chausse-pied sans les chaussures,
une paire de chaussette sans les pieds,
un cadenas sans les clefs, un rideau sans la fenêtre,
un parasol sans le soleil, un chapeau sans la tête,
des lacets sans les souliers, des tuiles sans le toit,
une poignée sans la porte, un cintre sans la veste,
une ceinture sans le pantalon, un bouton sans la chemise,
une aiguille sans le fil, une enclume sans le marteau,
un peigne sans les cheveux, un rasoir sans la barbe,
un timbre sans l’enveloppe, une plume sans l’encrier,
un plongeoir sans la piscine, une piscine sans l’eau,
un vase sans les fleurs, une coupe sans les fruits,
une bûche sans la cheminée, des guirlandes sans le sapin,
une cartouche sans le fusil, un fourreau sans l’épée,
un filet sans les poissons, des clapiers sans les lapins,
une bague sans le doigt, un collier sans le cou,
des boucles sans les oreilles, du mascara sans les yeux,
du vernis sans les ongles, du fard sans les joues,
une montre sans le poignet, des gants sans les mains,
une chaise sans les fesses, un prie-dieu sans les genoux,
un agenda sans les rendez-vous, un crayon sans la feuille,
un pinceau sans la peinture, un chevalet sans la toile,
un cercueil sans le cadavre, une poubelle sans les ordures,
un cochonnet sans les boules, un nain sans le jardin,
une pelle sans la terre, une fourche sans la paille,
une cage sans les oiseaux, une étagère sans les livres,
un abat-jour sans l’ampoule, une ampoule sans la lampe,
un cendrier sans la cigarette, une tapette sans la souris,
un cornet sans la glace, un archet sans le violon,
une corne sans la brume, un phare sans les bateaux,
une camisole sans le fou, une selle sans le cheval,
une fève sans la galette, une muleta sans le taureau,
une couronne sans le roi, un arc sans les flèches,
un parapluie sans l’averse, une pipe sans le tabac,
un boulet sans le canon, un boulon sans l’écrou,
une mèche sans la chignole, une cheville sans la vis,
une bobine sans le projecteur, un damier sans les pions,
un moulinet sans la canne, un pont-levis sans le château,
un silo sans les grains, un tonneau sans le vin,
une pagaie sans le canoë, un vélo sans le pédalier,
un hameçon sans les asticots, la margelle sans le puits,
le battant sans la cloche, le goupillon sans la bouteille,
une cible sans les fléchettes, les étriers sans les pieds,
une enseigne sans la boutique, les taies sans les oreillers,
un paratonnerre sans l’orage, un livre sans les pages,
une soucoupe sans la tasse, une flûte sans le champagne,
un chandelier sans les bougies, un pupitre sans la partition,
une niche sans le chien, une ruche sans les abeilles,
un rabot sans le bois, une guérite sans la sentinelle,
un mât sans les voiles, un fer sans le sabot,
une hampe sans le drapeau, un tamis sans la farine,
une rampe sans l’escalier, une lucarne sans le grenier,
une monture de lunettes sans les verres,
une boîte aux lettres sans le courrier...
Ainsi soit-il de la futilité des choses
et de l’utilité de cette étrange prose.
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