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le trente-cinquième parallèle

le lundi 22 octobre 2018, à 09:48. Posté par soilon



    je sens remonter lentement
    l'auto-tromperie en forme d'orgueil
    et l'habitude de faire aller les souvenirs
    tout un lest encombrant
    au banc d'essai
    le provisoire étant rangé dans le tiroir de la commode
    à fabriquer les coups de sang
    les coûts de santé
    l'addition des fausses couches de mon inconscient animé
    j'entends aussi les bruits les plombs les ennuis
    les dérangements en panne de sursis
    me trépaner patiemment
    qui sont tous ces hurleurs dans ma tête
    je vous présente les habitants d'une autre planète
    planète cage thoracique c'est un spectacle unique
    la nuit je vois l'image des bas-côtés
    toujours bougeante genre surprenante
    le visage effacé d'une fille implorante
    qui serait belle et malade
    mais cruelle souvent
    et dans ses mouvements inexpliqués
    je devine la blancheur pâle d'un spectre
    démystifié
    j'entends toute la détresse d'un cri
    une violence sans nom
    que la censure rend au silence
    et dans le rideau des brumes déchirées
    jusque dans ses tissus retombants de chairs traumatisées
    je fais du rodéo-équité
    est-ce le fantôme d'une autre vie
    ou l'avatar de ma conscience
    côté sombre resurgi du tréfonds de mes plis
    qui viendrait me hanter
    chantage pour tourmente assermentée
    jurez-vous de dire toute la torture rien que la torture
    sous les traits d'une image impossible à fixer
    au nom de quel remords inavouable
    le monstre occulté vient-il mettre au supplice
    mes envies mon plaisir ou ma joie guérissante
    mon invitation renouvelable aux choses de ce monde
    voilà qu'enfin je puis répondre complètement
    aux questions que la raison me lance
    et m'appesantir
    sur les aises qui me reviennent
    le rapt est sang pris
    sans demande de rançon
    la valeur dévolue évaluée a varié
    selon les fluctuations de ventes avariées
    pas de date limite de consultation
    ni d'ingérence onéreuse
    à l'écho sourd de ces apparitions
    je sais que les ténèbres sont rallumées
    l'ajournement en filigrane de mes heures sereines
    a dépassé le seuil toxique toléré
    par conséquent
    de faux-fuyants ratés en camouflages étranges
    je m'expatrie en des contrées inexplorables
    mais cette torture lente à me gagner
    pourquoi faut-il que cela vienne m'accompagner
    le vrai témoin qui fausse tout me dérange
    la tête en guise de volant
    et qui serait comme un vaste creux circonvenu
    l'ange mauvais aux ailes noires
    cet obstacle cette gêne la présence et la haine
    je sens que prend forme l'image-fantôme
    ce poids de gaz légers
    en rubans simili-déroulés
    ces doléances qu'il faut que je traîne
    comme un boulet de fiel à mes pieds
    comme une goulée de ciel anémié
    il y a de la suie dans mes idées
    réglez l'horloge sur retard moins zéro
    dans mes rêves ajourés doucement se résorbe
    l'enfant mort avorté
    ce deuil latent que j'ai ramené du voyage
    un emprunt sur du temps pour remettre à plus tard
    le malheur inconvenant
    et prendre un peu d'air à la surface lisse du présent
    c'est la nouvelle taxe de cécité
    sur le passé
    l'important axe d'amendement
    pour le moment
    toutes les fautes les exactions ou l'inconduite
    pour se débarrasser des petites peaux
    droit de passage et feuille d'impôt
    si je veux m'acquitter au hasard de mon choix
    à la longue porté
    sur une misérable créance
    contractée dans les seules conditions
    de mes courtes années
    faire appel aux conseils de ce cher expert
    pour toute dette constatée il m'ampute d'une idée
    c'est l'huissier des scrupules enterrés
    véhicule de fonction et cravate infroissable
    il vient saisir les espoirs et les biens de société
    la saillie vacillante
    de l'écoulement des pensées
    s'il hésite à tout prendre ce n'est pas la pitié
    mais plutôt qu'il débute dans le métier
    puis dans un éclaboussement naturel de vapeurs
    un éclair une fusée l'appendice expulsé
    de la part des ténèbres assoupies
    a rejoint en un jet le vieux monde ennemi
    aller stop et retour
    troisième couloir et vue sur cour
    la pluie glousse à se rompre les eaux
    c'est le début du rébus
    l'incipit délétère est peut-être l'indice
    dans l'énigme des maux
    celui qui cache le moins mal le vice
    ou les autres défauts
    il faut donc mettre en joue
    mettre à jour
    l'intime nuance ou l'indifférence
    et séparer le vrai de l'ivraie
    c'est déjà presque savoir la véritable identité
    du futur locataire
    de mes esprits inhabités

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
liameliavq le dimanche 28 octobre 2018, à 13:19
Que de réflexions torturées !!!
Un auto-portrait de ta conscience ou de ton inconscient bien noir et empli de culpabilités... Je me fourvoie peut-être complètement, tu me diras... car dans les derniers vers, j'ai ressenti une assumation et une satisfaction d'avoir creusé si loin, et de savoir peut-être enfin qui tu es.
Mes amitiés.
LN.

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