Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

« Légende de Marie Dame de Font-Moreau »

le lundi 22 octobre 2018, à 15:58. Posté par Johan


    https://youtu.be/qDp3yul1grE


    « Légende de Marie de Breuilhamenon Dame de Font-Moreau »

    Première partie

    Nous étions à quelques jours de la fin de ce mois d'août de l'an de grâce 1205.
    Depuis le matin, Jehan le forgeron, était occupé à préparer son départ du château de Bury, obéissant au comte Thibaut de Blois qui venait de lui donner la mission de partir observer les événements politiques qui avaient lieu sur les terres du sud du royaume de France.
    Sur ces terres d’Occitanie se préparait à sévir une croisade diligentée par le pape innocent III, en vue d’éradiquer ce que l’église appelait « l’hérésie Cathare ».
    Le comte Thibaud alors sollicité par Rome pour participer à cette répression ecclésiastique armée, envoyait Jehan sous la couverture de son état de forgeron, afin d’observer ce qu’il en était vraiment de ce qui lui semblait être une salle affaire.
    Un forgeron armurier comme l’était Jehan, était capable de façonner toutes sortes d’armes et d'outils, d'objets et d'ouvrages, qu'ils soient destinés aux travaux des champs et de la terre ou à ceux de construction de châteaux d'églises et de logis, en passant par les besoins des foyers.
    Avec ce savoir-faire qui était plutôt rare, le forgeron était en ce temps, un homme très recherché et qui ne manquait jamais d'ouvrage car il était bien loin d'y avoir une forge dans chaque village.
    Même certaines seigneuries qui rassemblent plusieurs bourgs en étaient dépourvues. Son métier lui ouvrait donc beaucoup de portes ! Il ne pouvait y avoir meilleur couverture pour sa mission !

    Le comte de Blois, pour accréditer Jehan de cette mission, se devait de l’anoblir. Pour ce fait, il avait envoyé à son cousin, Raoul d’Issoudun, un message qui lui demandait de garder Jehan le forgeron en sa seigneurie durant l’automne et l’hiver qui allait venir, de veiller à ce qu’il apprenne la langue occitane qui était aussi parlée en cette seigneurie, et enfin qu’il l’anoblisse en ses terres du Berry en faisant de lui un chevalier avant son réel départ en mission.
    Mais avant de quitter le château de Bury, Jehan le forgeron se devait de faire ses adieux à Hugues de Bury fils du seigneur qui l’avait recueilli quand, âgé d’un an, il avait été abandonné sur ses terres Ce seigneur l’avait ainsi confié à Ursulin le forgeron de son château et à son épouse Jehanne.
    « Jehan, lui avait dit son ami Hugues, je devrais être attristé par ton départ et je le suis bien un peu, mais cette tristesse est adoucie par la grande joie de te voir bientôt établi en grand honneur ».
    « Es-tu sûr que j’en suis digne » lui avait alors répondu Jehan « Il ne m’apparaît pas avoir fait exploit ou bravoure qui justifie d’être ainsi élevé en grande dignité ».
    « Voilà bien là, ta modestie mon frère » avait repris son ami Hugues en appuyant sur ce mot, « nous sommes pareils Jehan. Nous avons été élevé et nous avons grandi ensemble en ce château. Nous avons appris ensemble à écrire et à lire. Nous sommes instruits aux maniements des armes en nous apprenant l’un à l’autre. Nos épées à secret que tu as forgées, nous ont obligées à concevoir une autre manière de manier l’épée de combat basée, non plus sur la force des coups, mais sur l’esquive, la souplesse et la rapidité. Nous excellons tous deux dans cette nouvelle pratique et ensemble sans cesse nous l’avons fait évoluer. Ce que je sais, tu le sais et, ce que tu sais, je le sais.
    Il n’y a même pas entre nous de différence de préexcellence ! Celle de mon savoir dû à ma naissance et à mon état de noble, n’est pas plus considérable que celle de ton savoir dû à ta naissance et à ton état de forgeron armurier. Je t’ai souvent envié pour ton savoir faire Jehan le forgeron comme toi, peut-être, m’as tu envié pour mes privilèges ». Et pour sceller notre fraternité, pour ta mission comtale dans les terres du sud, je te donne mon cheval Alan. »
    Alan était le palefroi qu’Hugues avait reçu du comte de Blois lorsqu'il avait été fait chevalier.
    Ce cheval n'était pas comme les autres. En dehors de sa blanche beauté, il comprenait le langage des hommes. Ainsi ce cheval, à la demande de son maître, s'agenouillait, se couchait, poussait ou tirait des charges de son encolure, allait chercher des objets qu’il ramenait entre ses dents et fonçait sur ordre sur un ou plusieurs individus.
    L'intelligence d'Alan était si remarquable que Hugues avait dit à son ami Jehan, avec une certaine gravité, qu'il l’avait confié à son cheval, tout comme son cheval me fut confier par lui.


    Le voyage et l’arrivée de Jehan en la cité d’Issoudun

    Jehan le forgeron, après trois jours de voyage, arriva sans encombre, au soleil couchant aux portes de la cité d’Issoudun. Cette cité était entourée de solides et hautes murailles et défendue, au couchant par un château fortifié où vivait la famille seigneuriale.
    Il fallait d’abord avoir raison de la cité, puis se heurter à une seconde enceinte pour tenter d’ébranler le château.
    Voilà donc le lieu où Jehan allait passer le prochain automne suivi du prochain hiver.
    L’attendait là, une petite troupe de cavaliers qui devait lui faire escorte jusqu’au logis seigneurial.
    Le sergent, au regard de « Sonne claire » l’épée à secret que Jehan avec forgée lui-même, et de sa monture, s’adressa à lui. Il lui fit savoir que le guetteur de la grande tour Blanche avait signalé au seigneur Raoul et à sa maison, la venue d’un cavalier qui avançait sous les couleurs du comte de Blois. Le seigneur Raoul, en audience de son conseil, fit alors envoyer l’escorte présente.
    Jehan lui répondit qu’il était envoyé par le comte Thibaud de Blois.
    Après l’avoir salué, le sergent guida Jehan en la cité vers une bâtisse imposante protégée par un profond fossé et bien gardée par des hommes d’armes. Après le passage d’un pont-levis, un passage voûté, d’au moins quatre vingt pas de long passait sous l’édifice et donnait accès à une seconde place forte en laquelle couraient des rues et ruelles.
    Ce que Jehan vit, ce soir-là, de la cité d’Issoudun fut quelques belles maisons de bourgeois charpentées de colombages de bois de chêne aux toits pentus couverts de tuiles, un cimetière et une église. Malgré ce peu de vue, il se dégageait de cette cité une impression de puissance paisible.
    Dans le châtel où il venait de pénétrer, c’est le fort nombre de gens d’armes qui était, en prime perçu. Cette troupe était bien vêtue, bien armée et bien ordonnée.
    Le sergent d’armes conduisit Jehan au logis seigneurial qui était établi au pied de la tour Blanche.
    Les écuries, vers lesquelles ils allaient, étaient en dépendance dans un autre bâtiment de pierre face au logis, non loin d’une porte qui perçait les remparts crénelés.
    Cette porte donnait directement accès au chemin qui, après avoir traversé sur trois ponts défendus par deux tours trois bras de la rivière Théols, mène à Déols et Château - Raoul.
    Le sergent donna ses ordres à un jeune palefrenier. Le jeune garçon qui voulut tenir Alan, se trouva d’un léger coup de tête expédié à six pas de là.
    Jehan mit pied à terre et comme de coutume, il alla causer à l’oreille d’Alan et il lui dit :
    « Vois-tu ami, le jeune homme que tu as un peu poussé, va s’occuper de toi comme je vais le renseigner. Si quelque chose n’allait pas tu viens me le dire, je serai dans la grande bâtisse qui est derrière toi. De toute façon, je viens te voir avant mon coucher. »
    Alan secoua son encolure pour me signifier qu’il avait compris.
    Le jeune palefrenier qui avait entendu les propos de Jehan, le regardait d’un air surpris et pas amusé du tout du petit saut que lui avait fait faire Alan, puis regarda interrogateur le sergent qui haussa les épaules.
    Tout en détachant « Sonneclaire » de sa selle Jehan dit : « C’est toi qui vas t’occuper de mon palefroi ». Le garçon lui répondit « oui ».
    « Alors » ajouta Jehan « écoute-moi bien, en principe je suis en ce châtel pour un grand séjour, ce cheval s’appelle Alan, c’est mon ami. Il veille sur moi comme je veille sur lui. Il comprend le langage des hommes et donc, pour qu’il fasse quelque chose, il te suffit de lui demander, comme tu le demanderais à moi-même. Pas de tenue de bride pour le diriger, pas d’attache ou d’entrave en écurie entends-tu, sinon tu pourrais bien encore sauter de quelques pas. Si tu lui fais misère tu me fais aussi misère et crois-moi, de lui ou de moi tu auras le retour. Si tu suis mes conseils et que tu es amical avec lui, Alan sera pour toi un grand ami. Enfin, soit sur que je viendrais en ce lieu matins et soirs. »

    Le château logis du seigneur Raoul d’Issoudun

    Le sergent conduisit Jehan au logis seigneurial qui était une forte bâtisse construite à la place de l’ancien château qu’un grand incendie avait détruit, ainsi que l’abbaye Notre-Dame, en l’an de grâce 1135. Cette forte bâtisse, aussi percée d’un passage voûté protégé en devant et en derrière, par deux tours. Au milieu de ce passage, de part et d ‘autres, se situaient les portes d’accès au logis.
    Sur tout le pourtour de cette bâtisse, à une toise et demie de haut, les murs étaient percés de hautes de meurtrières évasées en leur épaisseur. Aux deux niveaux en dessus, dans ces mêmes murs étaient ouvertes des fenêtres aux arrêtes de montants taillées en colonnes et aux linteaux en ogive plein cintre. Ces baies étaient closes par des croisées à vitraux de couleurs. Ce qui était de grande rareté.
    Pour sa part, Jehan n’en avais vu qu’au château de Blois, dans la salle de broderie, qui était aussi auditoire de poésies et de chant que Dame Adèle, comtesse de Blois. La comtesse Adèle était la fille de Guillaume le conquérant, trisaïeule de l’actuel comte de Blois qui avait fait aménager en cette demeure.
    Passé ces entrées bien gardées, un large escalier de pierre en colimaçon fit déboucher Jehan et son guide, sur une grande salle. Son sol était dallé de carreaux de pierre où s’incrustait dans chaque coin un losange d’ardoise.
    Quatre des fenêtres à croisées de vitraux que Jehan avait perçu du dehors, inondaient de lumière cette salle magnifique, projetant sur les dalles des éclats des couleurs renvoyées par les vitraux.
    Cette lumière d’avant le soleil couchant, allongeait démesurément sur le dallage les ombres des objets et des gens.
    Le plafond haut, était fait de solives apparentes reposant sur quatre énormes poutres de chêne d’où pendaient au bout de chaînes de grands cercles de fer recevant les chandelles. Le sergent dit à Jehan qui lui fallait attendre là et s’éclipsa, laissant Jehan continuer à observer la grande salle.
    Au fond, face à lui, trônait une imposante cheminée de pierre à manteau sculpté, faite au-dedans de briques appareillées en chevrons, sa hotte à arrêtes arrondies était décorée aux armes du seigneur. Les chenets, pour l’heure, inoccupés étaient de la hauteur d’un enfant de quatre ans. Cet âtre était à la mesure de la salle.
    A senestre de cette cheminée, se trouvait le siège du seigneur d’où il rendait justice et arrêts de gouvernance et d’où il tenait audience.
    Sur le côté senestre de ce trône seigneurial, se trouvaient disposés les sièges des conseillers à qui le seigneur lors de son office pouvait demander avis.
    Le long du mur de senestre, sous chaque fenêtre dont l’appui était bas, se trouvait une aire meublée d’une table, de sièges, de coffres savamment aménagée suivant l’activité qui s’y pratiquait, lecture, musique, broderie et bavardages.
    Au milieu de la salle était installée un peu à dextre, une grande table d’au moins huit toises de long permettant à cinquante convives de prendre place lors des grands repas de fête.
    De grosses torchères en fer forgé étaient accrochées aux murs à hauteur d’un bras levé d’homme, entre lesquels, étaient pendues, tapisseries et fourrures de loups et de renards.

    Rencontre avec la famille seigneuriale

    Jehan vit alors entrer dans cette grande salle, Dame Adélaïde de Bourgogne, mère du seigneur Raoul. Sa silhouette était fine et grande.
    Cette femme de plus de quarante ans, était vêtue d’une longue robe de couleur jaune pale soulignée à la taille par un long ruban de soie verte eau, noué sur le devant et pendant librement jusqu’à la hauteur des genoux. Elle était chaussée de sandales de cuir tenues par des lacets disposés en croix et attachés par de larges boucles. Son visage, aux traits harmonieux malgré des pommettes osseuses, était pale et finement ridé. Ses cheveux argentés disparaissaient en partie sous le touret qui la coiffait, et qui était de même couleur et de même matière que la ceinture de robe. Le reste de la chevelure était tenu par un filet de velours noir.
    Ce qui était remarquable chez cette Dame, c’était son sourire qui en l’éclairant, effaçait de son visage les marques du temps.
    Devant tant de prestance Jehan mit un genou à terre pour la saluer ce qui l’amusa beaucoup.
    En tendant ses mains pour l’aider à se relever, elle dit : « allons, allons, voyageur, dressez-vous, cela n’est plus un salut mais un hommage, j’en suis fort touchée, à vous regarder un genou ployé et cette grande épée de combat à poignée étrange devant vous, j’en déduis en souvenance des nouvelles de Blois me parlant de votre arme, « Sonneclaire » je crois, que vous êtes Jehan le forgeron. »
    « Oui Dame, pour vous servir » répondit Jehan.
    Elle sourit et ajouta « j’ai forte envie Jehan que vous me donniez nouvelles de ma cousine de Blois et de son époux, mais avant cela, mon fils sire Raoul veut vous entretenir sur votre mission.
    Dame Adélaïde frappa dans ses mains et apparut aussitôt une servante bien ronde aux joues pommelées et dont la coiffe, aussi blanche que sa peau, en faisait ressortir le rouge. Elle rappela à Jehan Jehanne, sa mère adoptive.
    « Guillemette ! dit Dame Adélaïde. « Apportes-nous donc un peu d’eau et de vin frais et une bannette de fruits, ce jeune voyageur en a bien besoin de se réconforter. »
    Puis elle invita Jehan à la suivre vers l’une des tables installées sous les fenêtres, et le priera de s’asseoir sur un des bancs.
    Elle s’assit elle-même sur une des deux chaises à haut dossier de bois qui trônaient aux deux bouts de la table.
    L’eau, des fruits et le vin arrivèrent portés par une petite troupe de domestiques commandée par Guillemette.
    À peine furent ils posés au milieu de la table qu’apparut, sur le seuil de la porte, le seigneur Raoul dont le conseil venait de s’achever. Une jeune femme se tenait près de lui. Jehan en déduit que c’était son épouse, Dame Marguerite de Courtenay. Ce qui ressortait en prime, chez cette Dame toute vêtue de blanc, étaient douceurs et sagesse.
    Le seigneur Raoul et son épouse Marguerite étaient suivis du seigneur Gaultier de Charrotz (Chârost) qui avait en ces lieux la fonction de premier conseiller.
    Il y avait aussi frère Matthieu Abbé de l’abbaye de La Prée, de l’ordre de Cîteaux deuxième conseiller et confesseur au logis seigneurial.
    Puis Maître Patras orfèvre en la cité, grand Echevin qui représentait l’assemblée des bourgeois, garante de la charte seigneuriale de franchise.
    Enfin, Renoul de Saint Ambroys (Saint Ambroix) qui était capitaine des gens d’armes du châtel.
    A l’entrée du Maître des lieux, Dame Adélaïde sa mère s’était levée mouvement que Jehan avait imité.

    Présentation de Jehan au seigneur d’Issoudun et à son Conseil

    « Ma mère » dit le seigneur Raoul « présentez-moi, je vous prie, ce damoiseau qui arrive au-devant nous sous les couleurs du comte de Blois notre suzerain. Voici donc l’homme que les messages de mon cousin Thibaud de Blois, m’ont donné forte envie de connaître. »
    Jehan baissa la tête en signe d’assentiment et de respect.
    Les deux mains du seigneur Raoul se posèrent alors sur ses épaules et il dit très solennellement :
    « Jehan en cette maison et en cette cité, au regard de vos actions et de votre prud’homie qui engendrent les grandes estimes de ceux d’autour de vous, vous serait appelé par tous « Messire Jehan » et par moi et ma famille avec affection « Jehan. Notre sire comte de Blois vous a recommandé à moi et me fait l’honneur de me charger de vous armer chevalier ce qui sera chose faite à la fête de tous les Saints. En attentant, vous être en cette heure, mon écuyer, avec exigence de deux heures chaque matin après messe d’exercices sur notre champ d’armes où à mon avis et d’après ce que je sais, de votre épée vous enseignerez plus que vous n’apprendrez. Puis, il vous faudra consacrer aussi trois heures de cette journée à frère Matthieu ici présent qui avant d’être Abbé en notre abbaye de La Prée était moine à l’abbaye de Fontfroide en Occitanie. Il vous apprendra la langue de ce pays d’oc que l’on entend parler un peu en notre cité, mais surtout dès qu’on entre en pays Limousin. Il vous contera ce pays dont il est, et qu’il aime tant. Vous déjeunerez et dînerez à ma table, chaque jour où vous serez séant en ce château. Enfin vous assisterez, chaque vendredi, à mon conseil. Le reste du temps vous appartient car, je vous sais chargé de mission par le comte Thibaud. »
    « Seigneur » répondit Jehan, en lui remettant le parchemin d’accréditation du comte de Blois qui faisait de lui, quand il sera armé chevalier, son ambassadeur, votre accueil est pour moi beaucoup d’honneur et je ferais tout pour mériter la place que vous me faite en votre maison ».
    Le seigneur Raoul lut le parchemin puis le redonna à Jehan.

    « Sonneclaire » épée de combat de Jehan

    Le regard de Raoul d’Issoudun, se porta alors sur « Sonneclaire » puis intrigué il dit : « Jehan vous avez aussi réputation d’être un bon forgeron armurier, vous serez-t-il possible de nous montrer cette épée dont la poignée est encapuchonnée comme les têtes de mes éperviers et faucons ? A moins, que ce soit un secret qui ne peut être dévoilé ? »
    « Seigneur », répondit Jehan « les secrets que renferme « Sonneclaire » forgée par Maître Ursulin mon père adoptif, sont des secrets d’ouvrage que je ne peux assurément pas révéler. « Pour le reste, il m’est agréable de vous la montrer et de vous en conter ses qualités. »
    Pendant que Jehan dénouait les lacets de cuire qui tenait le fourreau de poignée, il vit s’approcher le vieux seigneur Gaultier de Charrotz et le Capitaine Renoul de Saint Ambroys.
    Quand la poignée de l’épée fut découverte et vue de tous, Jehan entendit le seigneur Raoul lui dire :
    « Qu’est ce donc que ce façonnage étrange de la poignée de votre épée Jehan ? »
    Pour toute réponse, Jehan demanda au capitaine Renoul de Saint Ambroys de tenir le fourreau de l’épée puis il saisit « Sonneclaire » par sa poignée. Tous virent alors les doigts des deux mains de Jehan, s’encastrer parfaite autour de la fusée de bronze, emplissant ainsi les aspérités de l’alliage.
    « Cette épée seigneur » dit Jehan « est faite que pour mes mains dont sa poignée porte mes empreintes ». Puis tirant doucement vers lui, la lame, couleur argent sombre, commença à sortir de son écrin de cuir en sifflant légèrement. Enfin ainsi libérée, cette arme dévoila toute sa beauté.
    Tous virent qu’un simple petit mouvement des poignés de Jehan suffisait à lui donner vie.
    « Cette épée, seigneur » dit Jehan s’appelle « Sonneclaire » la forme de sa poignée, qui fixe définitivement sa tenue et son parfait équilibrage, qui amplifient son mouvement, amènent un autre maniement de l’arme que celle que vous connaissez et qui est d’usage en chevalerie. »
    Elle est magnifique Jehan » dit le seigneur Raoul dont les yeux ne se détournaient que difficilement de « Sonneclaire. N’est-ce pas compagnons » ajouta-t-il en se tournant vers le seigneur Gaultier et le capitaine Renoul qui sous le charme de la beauté de l’arme sursautèrent en entendant ces paroles.
    « Jehan » dit le seigneur Raoul « pouvez-vous nous la faire œuvrer ? »
    « Si le capitaine Renoul m’y aide, ce sera avec plaisir seigneur » répondit Jehan.
    Le capitaine sortit sa propre épée de son fourreau et en homme de guerre de grande expérience, porta des assauts dans les règles de l’art apprises, sans aucun doute, lors de ses diverses campagnes. Jehan découvrit le savoir-faire du capitaine Renoul. Tout son jeu d’arme n’était que souplesse et enchaînements harmonieux. Sa force et sa rapidité s’alliaient parfaitement, faisant du capitaine un adversaire redoutable.
    Comme a l’accoutumée, les seuls mouvements des poignés de Jehan plaçaient la lame de « Sonneclaire » au bon endroit, déviant le tranchant ou la pointe de celle du capitaine.
    « Je crois que nous en avons tous assez vu pour vous envier de posséder cette épée de combat Jehan. M’est-il permis de tenir cette merveille.
    Prenant alors « Sonneclaire » par la lame en prenant soin de ne pas se couper sur ses tranchants, Jehan la tendit au seigneur Raoul en lui disant :
    « Seigneur vos mains ne s’accorderont pas à la poignée, mais vous aller sentir l’équilibrage de l’épée. »
    Quand les mains du seigneur Raoul tinrent la poignée et que Jehan lâcha alors la lame, il s’écria « Jehan c’est miracle, elle ne pèse rien, je ne sens pas le poids de lame ».
    Après avoir fait faire à « Sonneclaire » quelques moulinés, faisant ainsi siffler sa lame dans l’air, le seigneur Raoul vint prendre le fourreau sur la table et la glissa en dedans avec grande attention.
    Tendant alors l’arme pour que Jehan la reprenne il dit :
    « C’est une belle journée que celle-ci ! Ce matin à la messe j’y ai gagné quelques conseils de Dieu. Puis dans l’aumône faite à mes pauvres et par les donations à mes abbayes j’y ai gagné un peu de paradis. Après, en mon conseil j’y ai gagné autorité et justice. Et enfin en votre présence dans notre maison, j’y ai gagné sans doute un compagnon créateur d’armes. »
    Le seigneur Raoul d’Issoudun était de grande taille. Charpenté ainsi en hauteur, il ne l’était guère en épaisseur et son teint d’une blancheur bleutée de chaux faisait ressortir des cheveux mi-longs et des poils d’un noir corbeau.
    Derrière cette apparence chétive se cachait une vitalité peu commune. Les traits de son visage n’étaient jamais en repos. Le front se plissait pour accompagner et souligner le sens de la parole.
    Les sourcils traduisaient, par leurs mouvements, l’attention, l’étonnement et l’agacement. Le sourire était rapide presque furtif. Son regard pouvait être d’une grande douceur puis, soudain, perçant et soutenu, de ceux qui ont le pouvoir de lire au fond des âmes.
    Pour l’heure, le seigneur Raoul était vêtu d’un gambisson de soie bleue de mer armorié, passé sur son torse nu et descendant jusqu’aux genoux, les jambes couvertes de chausse de couleur indigo et ses pieds chaussés de bottes basses en peau de daim
    Plus tard, Jehan vit vite que ce seigneur très aimant des arts et cultivé jusqu’au raffinement, était un redoutable guerrier. À la différence de beaucoup d’autres, à l’épée de combat, les attaques de ce seigneur étaient construites et réfléchies. La force que lui refusait son corps, était compensée par un esprit clairvoyant qui savait anticiper l’acte de son adversaire et développer rapidement les ripostes. Quand ses grands moments de fatigue, qui pouvaient le clouer plus d’un jour sur un siège, le laissaient en paix, le seigneur Raoul fut le matin sur le pré d’armes, l’un des meilleurs à apprendre de Jehan, que les parades des attaques n’étaient pas obligatoirement l’application d’un savoir traditionnel mais qu’elles pouvaient donner lieu à des esquives inventives et intuitives qui permettaient de préparer des ripostes pouvant, par leurs surprises blesser mortellement.

    Le logis de Jehan

    « Guillemette » : dit le seigneur d’Issoudun, veux tu veiller à l’installation de mon hôte. Messire Jehan logera dans l’un des deux logis qui sont en dessus de la galerie de Ville qui fait communiquer la ville avec notre châtel ».
    Guillemette baissa la tête en signe respect puis donna ses ordres à sa troupe qui avait assisté, sans broncher, à toute cette entrevue ce qui était une façon pour le seigneur de faire savoir à tous, du château et de la cité, l’identité et la qualité du nouvel arrivant.

    En un rien de temps, les effets de Jehan disparurent de la place où ils avaient été déposés pour arriver dans les bras des domestiques.
    « Jehan, allez avec Guillemette en votre logement, à votre retour, nous prendrons repas » dit le seigneur Raoul.
    Le logis de Jehan se composait d’une grande salle séparée en deux en sa longueur jusqu’à sa moitié de largeur. Cela créait deux pièces en enfilades rejoignant des deux façades de la bâtisse. Il y avait donc, dans la première pièce, une croisée donnant côté châtel, laquelle était desservie par un escalier de pierre, en spirale à vis centrale, situé en la tour septentrion. Dans l’autre pièce, la croisée donnait sur la cité d’où on pouvait voir toute la place, le cimetière, la rue principale et l’église que Jehan avait vue en arrivant. Une porte donnait sur l’escalier de la tour du midi qui débouchait, par l’ouverture en sa base, non loin de la tour blanche. Les plafonds de solives apparentes étaient bas, et les sols faits de larges planches d’orme cirées jointe par un mélange de fibres de chanvre et de résine, donnaient aux deux pièces du logis une certaine chaleur. Une cheminée de pierre et de briques, au milieu du mur opposé à la séparation, chauffait, en hiver, les deux pièces. L’une des pièces était meublée de huches à vaisselles, d’un baquet de bois cerclé rempli d’eau, de sièges et d’une table, pour l’usage du jour. La seconde de coffres à linge et d’un lit fermé à tentures pour l’usage de nuit


    Pierre de Breuilhamenon et sa fille Marie de Breuilhamenon, Dame de Font-Moreau

    De retour dans la grande salle du logis seigneurial, Jehan put voir à un bout de la grande table de banquet, des écuelles et des coupes d’argent ainsi que des couteaux disposés de part et d’autre.
    Debout à l’autre bout de cette table se trouvaient réunis, les gens et gentes dames qu’il avait déjà vus en ces lieux, exception faite de Maître Patras qui avait dû regagner la cité. Mais il remarqua aussi que trois femmes et deux hommes avaient grossi le groupe et à la vue de leurs vêtures. Nul doute, qu’il s’agissait là, de gens de qualité.
    Le seigneur Raoul fut le premier à voir Jehan franchir la porte. Naturellement, il vint à sa rencontre.
    Le seigneur Raoul lui présenta les gens qu’il ne connaissait pas.
    Il y avait là Dame Mahaud d’Issoudun, fille de Dame Adélaïde et sœur du seigneur Raoul, avec son époux Guillaume de Chauvigny, seigneur de Déols et de Château -Raoul.
    Puis Dame Isabelle de Courtenay épouse du seigneur Gaultier de Charrotz qui revenait de la cité où elle avait fait quelques achats d’intendance pour leur châtellenie du bord de la rivière Arnon.
    Dame Isabelle avait été escortée dans ses négoces par le Chevalier Pierre de Breuilhamenon attaché à la seigneurie de Charrotz et par sa Damoiselle de compagnie Marie de Breuilhamenon, Dame de Font-Moreau, fille du Chevalier.
    En plus de sa beauté, la douceur et la délicatesse qui émanait de Marie de Breuilhamenon, fit une grande impression à Jehan. Et le sourire qu’elle lui adressa lorsqu’il s’inclina pour la saluer l’emplit d’un émoi qui lui noua l’estomac. Son trouble à n’en pas douter, avait été perçu par tous en cette assemblée. Il n’avait qu’à regarder l’attitude des hommes qui faisaient semblant de n’avoir rien remarqué, et les visages malicieux des femmes qui elles, faisaient tout pour qu’on sache que rien ne leur avait échappé.
    Le seigneur Raoul prétextant que le jour allait vite tomber, mit fin à son embarras en invitant tout le monde à passer à table.
    D'où Il se tenait, Jehan pouvait à loisir observer de coté, l’objet de mon émoi. Que ce soit sa silhouette ou bien ses traits, Marie de Breuilhamenon était toute faite de finesse.
    Son visage et ses bras, qu’elle avait de découvert jusqu’aux coudes, étaient légèrement halés par le soleil d’été. Ses grands cheveux blonds marronnés étaient tirés en arrière et coiffés en une grande tresse qui descendait en milieu de dos et arrêtée par une boucle d’argent qui était ciselée et émaillée. Sa robe de soie rose, à encolure carrée et à manches mi-longues, portée directement sur le corps, était serrée en taille par un large ruban tissé de motifs entre lassés de couleurs éclatantes. Cette robe laissait ainsi découvrir un long cou orné d’une fine chaîne, elle aussi d’argent, retenant à la naissance de sa poitrine une petite croix d’ivoire rapportée par son père de Jérusalem. Ses pieds étaient chaussés de sandales tenues par de fins lacets de cuir.
    Lorsque ses yeux d’un bleu rosé le regardèrent, Jehan sut alors qu’elle avait perçu l’insistance de son regard sur sa personne. Elle le fixa un court instant d’un air étonné, puis lui sourit furtivement.
    « Jehan, » dit le seigneur Raoul, « demain, je vous laisse libre de découvrir par vous-même la cité.
    Si parmi les personnes ici présentes il y en a qui veulent vous accompagner, elles en auront l’aise. Enfin Jehan, après demain, je vous enverrais, avec frère Matthieu Abbé à l’abbaye de La Prée, chercher les documents nécessaires à votre apprentissage de la langue occitane.
    « Je serai alors de ceux-là » : dit le Chevalier Pierre de Breuilhamenon.
    Puis il ajouta : « Avec l’agrément de sir Gaultier ainsi qu’avec le votre seigneur Raoul, j’aimerais que messire Jehan accepte que je l’accompagne lors de sa course à l’abbaye de La Prée. Ma connaissance de ce pays pourrait lui être utile »
    « Jehan, c’est de votre décision » dit le seigneur Raoul après avoir obtenu l’assentiment du seigneur Gaultier.
    « Ce sera un grand honneur pour moi que d’être accompagné du Chevalier de Breuilhamenon » répondis Jehan.
    Ce chevalier pouvait bien avoir une bonne quarantaine d’années sous sa peau brunie et burinée par le soleil roulaient des muscles puissants et noueux. Ce guerrier, car à d’en pas douter, il en était un, me rappelait, en beaucoup plus élancé, le seigneur de Bury qui m’avait recueilli tout nouveau né. Je retrouvais les mêmes postures et les mêmes attitudes.
    Il était vêtu de chausses gris perle et d’une cotte hardie de soie rouge sans manches, brodée de spirales d’argent. Une ceinture de cuire noir d’où pendait un superbe poignard de chasse, enserrait une taille bien marquée. Ses bottes de peau de daim montaient au-dessus des genoux. Ses longs cheveux gris argenté, tirés en arrière, étaient attachés par un souple lacet de peau. Les traits de son visage avaient la même finesse que ceux de sa fille Marie
    « Gentes Dames, amis et compagnons, il est temps maintenant de penser à nos ventre je vous invite donc à vous assoir autour de cette table pour partager le repas du soir. »
    « Jehan » dit Dame Adélaïde « vous aller enfin pouvoir tout en mangeant, nous parler de la châtellenie de Blois. J’ai hâte de connaître les nouvelles de ma cousine Mathilde, de son époux notre comte Thibaut.
    Ce repas fut très agréable et Jehan du beaucoup parler pour répondre aux questions et curiosités des uns et des autres

    (A suivre) Johan (JR.).

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 14 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le lundi 22 octobre 2018, à 18:45
Bonsoir cher Johan, wow! quelle belle légende merveilleusement raconté !! C'est un pure plaisir et j'ai très hâte de lire la suite !!! Très intelligent cet Alan !! *sourire* Tu sais nous emmener dans ces légendes du passé en nous racontant de splendides histoire !! J'adore ! Vivement la suite !!
Belle soirée mon ami !
Avec mon Amitié sincère
Debbie

liameliavq le mardi 23 octobre 2018, à 00:14
Rien que ça ! Et bien, tu as du en mettre du temps pour écrire le début de cette légende...
Merci mon ami, et à demain pour la suite...
Bisous.
LN.

johan le mardi 23 octobre 2018, à 10:05
Bonjour Debbie !
J'avais promis de raconter la légende de Marie de Breuilhamenon dame de Font-Moreau mais je me suis rendu compte que pour bien la comprendre, je ne pouvais pas sortir
cette histoire de son contexte historique.
Alors j'ai commencé à écrire les tenants et aboutissants qui ont structurés cette légende !
Ce sera long donc en plusieurs épisodes que je publierais ici à mesure de leur écriture.
Il te faudra être patiente mon Amie !
Avec toute mon Amitié !
Johan

johan le mardi 23 octobre 2018, à 10:14
Bonjour mon Amir Hélène !
Quand je suis dans cette écriture qui décrit les personnages et leur histoire, je ne vois pas le temps passé !
Je suis autre part, dans un autre monde, coupé de toute réalité la tête uniquement dans mon imaginaire qui se construit à partir de mon ressenti que l'histoire de cette légende fait apparaitre !
Comme je viens de le dire à Debbie, cette écriture sera longue et il vous faudra être patientes pour la suite !
Je vous embrasse !
Amitiés !
Johan

debbie le mardi 23 octobre 2018, à 11:51
Bonjour Johan, oui je me souvenais que tu nous l'avais promis cette légende ! *sourire* Une telle histoire dans son contexte historique met beaucoup de temps à écrire ! Je saurai être très patiente cher ami *sourire* Et je te remercie de prendre le temps de nous écrire de si belles histoires/légende ! C'est une histoire dans l'histoire ! Dans cette histoire j'ai vu une transition du je au il pour le personnage de Jehan est-ce voulu ainsi ?
Très belle journée ensoleillée à toi cher ami !
Et beaucoup d'inspiration pour mon plus grand plaisir *sourire*
Avec mon Amitié la plus sincère
Debbie

scorpionne le mardi 23 octobre 2018, à 11:58
Bonjour Jehan,
Tout comme Debbie et Hélène, je dis "Vivement la suite !" Dans vos réponses à leurs commentaires, je vois que cette histoire est en cours d'écriture ; je ferai donc preuve de patience (sourire).
Bon mardi à vous cher Johan.
Bien amicalement,
Jocelyne

scorpionne le mardi 23 octobre 2018, à 12:01
Oups, j'étais encore tellement dans votre histoire, que j'ai écrit "Bonjour Jehan" au lieu de "Bonjour Johan" !

johan le mardi 23 octobre 2018, à 17:18
Bonsoir Debbie !
Non cela n'était pas voulu, c'est une conséquence sur mon écriture quand celle-ci traduit mon imagination.
Merci donc mon Amie de me l'avoir fait remarquer ! Je viens de corriger ces imperfections !
avec toute mon Amitié !
Johan

johan le mardi 23 octobre 2018, à 17:22
Bonjour Jocelyne !
Jehan, Johan, le pas n'est pas grand !
:-))
Merci pour votre lecture et de votre patience à attendre la suite de cette histoire.
Je vous souhaite une bonne soirée !
Amitiés !
Johan

debbie le mardi 23 octobre 2018, à 17:27
Bonsoir Johan, quand j'écris des textes ça me fait cela aussi parfois. C'est cette fusion avec les personnes et c'est ce qui fait qu'écrire est encore plus agréable.
Très belle soirée à toi cher ami !
Avec toute mon Amitié la plus sincère
Debbie

peauaime le mardi 23 octobre 2018, à 19:14
Bonsoir Johan,
Quel conteur !!!
Un travail remarquable d'une précision d’orfèvre.J'adore et me délecte à l'avance de pouvoir en lire la suite.
Amitiés,
Emmanuel

debbie le mardi 23 octobre 2018, à 21:10
Petite erreur je voulais dire personnages au lieu de personnes

johan le mercredi 24 octobre 2018, à 09:31
Bonjour Emmanuel !
Je suis heureux que cet écrit sur Marie de Breuilhamenon Dame de Font-Moreau vous intéresse et vous plaise !
Durant cette écriture racontant sa légende, je mets un peu en veilleuse mon inspiration poétique
nécessaire à la création de nouveaux poèmes !
Tout compte fait, cette petite pose est la bienvenue !
Je vous remercie de votre lecture !
Je vous souhaite une belle journée!
Amitiés !
Johan

johan le mercredi 24 octobre 2018, à 09:35
Bonjour mon Amie Debbie !
Il n'y a pas de souci, j'avais fait la correction !
Ce qui me donne l'occasion de te souhaiter une jolie journée !
Avec toute mon Amitié !
Johan

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet