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le test-amant

le samedi 27 octobre 2018, à 14:56. Posté par soilon



    quand j'passerai l'arme à gauche
    après les coups de semonce
    d'une armada de maladies
    ma lady
    à l'art mais de l'air pour les intimes
    passage clouté et bonhomme vert
    y'aura personne pour v'nir gratter
    les reliquats d'mon existence
    les maigres couches superposées
    rien d'autre que des années
    une seule et même plongée en apnée
    j'veux pas de flonflons ni de bravo-discours
    d'ailleurs j'invite même pas les gens
    j'oblige à rien
    à moins peut-être d'un p'tit orchestre
    sauf pour le chat qu'il faut nourrir
    avant qu'il ne rapplique
    comme un cheveu sur la soupe
    pour miauler à la mort
    au beau milieu d'une cérémonie
    vide de monde et pleine d'esprits
    ah j'oubliais pour les plantes vertes
    lumière diffuse et terre humide
    mais pour le reste ça non le sale moment
    d'autant qu'la pluie battra son plein
    tant pis pour ceux qui voulaient prendre
    quelques photos en témoignage
    de compassion décompressée
    mais les souvenirs
    à force de morsures qui me manquent
    et de sel jeté sur les plaies
    des genoux écorchés
    je les emporte avec moi
    dans l'inviolable secret de ma tombe
    après le noir et les murailles
    c'est la fatigue qui s 'insinue
    l'apitoiement à vouvoyer
    d'abord les jambes de mille moins deux pattes
    et puis la sensation d'insuccès
    de crever l'eau des flaques
    avec des semelles en carton-pâte
    encore un tour d'mon imagination
    et parmi toutes les turbulences
    dans le musée des anecdotes
    rayon loisirs mort et détente
    un sourire las un baiser doux voire une oeillade
    je perds encore un peu de terrain
    la douleur gagne le haut du corps
    elle monte presque comme une science
    en zigzags longs accoutumés
    à la courbure
    en paquets d'dix à la frontière
    des vieilles limites à supporter
    c'est bien là tout ce que mon crâne abrite
    des particules en forme de bosses
    du métal froid sur ma peau nue
    les petites nourritures de mon être
    dans un dernier rayon de soleil gercé
    l'espace rendu brouillé
    par les divagations de la chaleur
    c'est une absence mal observée
    j'aimerais mieux qu'elle s'évapore
    ou bien qu'elle parte dans un souffle
    mais j'ai perdu pied
    j'ai planté les clés sous les racines
    des mandragores
    la solution aux tressaillements
    et puis pour les abandons
    les soupirs sûrs couverts de cendre
    je passe l'éponge
    mettons qu'il n'y a jamais rien eu
    alors pourquoi l'aura-l'oracle
    tout de l'aurore mais un lot rare
    le demi-jour près la débâcle
    et l'infortune comme une bourrasque
    au travers des grilles opaques du faux sommeil
    le rêve de la main droite coupée
    la nuit sans sable des portes closes
    le mystère ne peut être dévoilé
    sans inconnue d'identité
    puis dans l 'éclat soudain d'une métamorphose
    j'entrevois le gardien du phare
    ce bon vieux génie de la lampe
    qui prend d'la bouteille
    il me happe et m'appelle
    il s'étire il se tord sur le tard
    et se tue à mourir
    mon âme s'évertue délibère
    se détache du reste du corps
    et la raison
    ni plus ni moins qu'un vague postillon
    que la nouvelle sépare au tranchant
    et le temps tout ce temps
    assis sur le quai d'une gare
    qui attend qui patiente qui espère
    et peut-être aussi qui regrette
    le saignement et les pensées jalouses
    l'écart est lent entre les deux blessures
    un filet un nuage une goutte
    celle-là de l'amour
    et cette autre que toujours on épouse

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
liameliavq le dimanche 28 octobre 2018, à 13:27
Très mystérieux encore, tes mots sont beaux mais inquiétants de déambulations spirituelles et interrogatives...
J'espère du fond du coeur que ce n'est qu'un jeu de mots "test-amant" comme il y en d'autres dans ce texte, et que tu te portes bien.
Je te souhaite des petits nuages t'apportant réconfort.
Bisous.
LN.

liameliavq le dimanche 28 octobre 2018, à 13:33
Ah ! J'oubliais ! Je t'ai découvert aujourd'hui et suis heureuse de te lire sous des formes différentes. J'ai commenté presque tous tes textes, alors si tu vas les lire, préfère l'ordre chronologique...
Amitiés d'une plus que contemporaine, puisque tu as 4 jours de plus que moi !!!

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