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Des bords escarpées de ma conscience, je dis adieu…
Adieu aux herbes folles et indomptées,
Adieu aux parfums fleuris et saturés
De ma liberté.
Sur le chemin de ma partance, je me sens mieux.
Envolées ces peurs infondées,
Envolées, elles meurent sous mes pieds
Au fil des foulées.
Le cœur toujours battant, affolé par ce tonnerre d’été,
Rythme ma fuite en avant au loin de l’éclair posé.
Mais les plaines qui filent et défilent,
Dans leur verte monotonie,
Rassure mon âme fébrile
Dans leurs ronrons d’ennui.
Je vois au loin ces ailes virevoltantes,
Milles cendres dansant dans l’âtre,
Enveloppés dans la nuit tombante
Les restes de ma vie folâtre.
C’est dans la nuit, dans les champs tristes et déserts
Que je prends doucement conscience du « nul retour en arrière »
Il me faut l’accepter…
Il me faut avancer.
Au matin, le paysage change…plus boueux, plus pluvieux.
Chaque pas est un nouveau challenge. Douloureux…laborieux.
Et lorsque, enfin, mes pieds quittent ces socles d’infortune,
Ce sont les ronces qui m’accueillent sous la brune.
Des jours durant, je me fourvoie dans ces terres isolées
Les bras ballants, je subis plutôt qu’assumer :
Tant que je n’irai pas de l’avant,
Tant que refuserai de m’endeuiller
J’irai à contre courant
Et serai toujours perdue et blessée.
Un matin, j’ai forcé ce barrage, avec larmes, avec peines.
J’ai trouvé en moi le courage, et mes armes dans mes veines
Et je suis là, aujourd’hui, sur cette falaise surplombant la mer
Face aux dieux, face aux vents, j’attends
Je me nourris de cette beauté, hume son air…
Face aux dieux, face aux vents, j’étends
Mes bras en croix
Et sans autres choix
Me balance et m’élance à mon tour…
… Je tombe en amour.
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