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Benito Mussolini revisité (1883-1945)

le mardi 30 octobre 2018, à 19:14. Posté par Michel Ernest


    Mussolini naît en Romagne
    En mil huit cent quatre-vingt-trois
    Sa région n'était pas le bagne
    Bien que l'on se sentait "forza"

    "Forza Italia", avant l'heure
    Avant la "Squada azzura"
    Avant Silvio, le beau-parleur
    Dans ce pays, on est gros-bras

    Son père est un grand maréchal
    Grand maréchal-ferrant, s'entend
    Et à l'école communale
    Sa mère instruit petits et grands

    Bien que d'éducation chrétienne
    Il traîne dans les rues, la nuit
    Et son désœuvrement le mène
    À prendre sa carte au parti

    Sa carte au Parti socialiste
    [On est rose dans la région]
    Pour faire la nique aux droitistes
    Car à Rome, ils sont des légions

    À dix-neuf ans, on lui propose
    Un poste d'aide-instituteur
    Mais il en a vite sa dose
    Et s'en va bourlinguer ailleurs

    Il s'installe en Suisse italienne
    Pour ne pas faire son armée
    Et devient travailleur de peine
    Sur de misérables chantiers

    Là, il rencontre des sans-grades
    Des réfugiés, tout comme lui
    Et se fait quelques camarades
    Venus de la grande Russie

    Au bout de deux années d'exil
    Le Benito fait marche arrière
    Il revient penaud et servile
    Faire son devoir militaire

    À partir de mil neuf cent-neuf
    Il gribouille dans un journal
    Et se montre sous un jour neuf
    Franchement anticlérical

    Au sein du Parti socialiste
    Il grimpe dans la hiérarchie
    Et devient premier journaliste
    De leur quotidien "Avanti"

    À l'aube de la Grande Guerre
    L'Italie voudrait rester neutre
    Le Benito n'apprécie guère
    Et traite ses amis de pleutres

    Quand l'Italie enfin décide
    De se lancer dans cette guerre
    Lors, Mussolini impavide
    Se porte aussitôt volontaire

    Et pour ne pas que se désolent
    Ses accaparantes groupies
    En grandes pompes, il convole
    Avec l'une des plus jolies

    Gravement blessé en dix-sept
    Il retourne à la vie civile
    Où il se retrouve à la tête
    D'un journal "soviéticophile"

    Puis, comme dirait Edgar Faure
    Le vent fait tourner la girouette
    L'Italie veut un homme fort
    Qui puisse au monde tenir tête

    Mussolini se dit cet homme
    Et fonde le parti fasciste
    Puis en vingt-deux, marche sur Rome
    Où résident les monarchistes

    Mais loin de se montrer revêche
    Le roi, par la peur d'abdiquer
    Au gouvernement, se dépêche
    De lui donner un poste-clé

    Rapidement sa cote grimpe
    Chez les "tifosis" les plus durs
    Peu après pour lui c'est l'Olympe
    L'Italie entre en dictature

    Pendant ce temps-là en Espagne
    Franco se bat pour le pouvoir
    Tandis qu'Hitler en Allemagne
    Est à quelques mois de l'avoir

    Le "Duce", ainsi qu'il se nomme
    Maître absolu de l'Italie
    Envoie plus de 500 000 hommes
    Faire la guerre à l'Éthiopie

    Les pauvres Africains succombent
    Sous les 550 avions
    Qui larguent des milliers de bombes
    Sur leur unique et seul canon

    Quand le Reich déclare la guerre
    À l'Angleterre et à la France
    Devant les victoires-éclair
    Aux côtés d'Hitler, il se lance

    Et, pour faire bonne figure
    Face au dictateur germanique
    Il invoque une race pure
    Pour traquer le peuple hébraïque

    Après avoir défié la Grèce
    Et avoir pris une raclée
    Il envoie en U.R.S.S.
    Ses troupes qui sont laminées

    Lors, le roi Victor Emmanuel
    Le convoque et le destitue
    Enfermé dans sa citadelle
    Le "Duce" sent sa vie fichue

    Mais, des S.S. parachutistes
    Le délivrent, et pour Berlin
    Ils emportent le chef fasciste
    Retrouver son cousin germain

    Il congratule sans relâche
    L'échine courbée jusqu'en bas
    Son libérateur à moustache
    Le "Führer" furieux le foudroie

    Il lui ordonne sans réplique
    De retourner dans son pays
    De fonder une république
    Protégée par la Germanie

    Alors chef d'un état fantoche
    Menacé de dures sanctions
    Par l'ignoble "tête de boche"
    Le "Duce" brime sa nation

    Arrive enfin la délivrance
    De cet ignominieux despote
    Les "Alliés" et la "Résistance"
    Boutent l'ennemi de la Botte

    Les partisans bientôt empoignent
    Mussolini errant sans but
    Et l'envoient, avec sa compagne
    Faire sa loi chez Belzébuth

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
vertflo le mardi 30 octobre 2018, à 22:01
Comme d'habitude c'est excellent.
Joli mélange d'histoire et d' humour où le '' pas de '' l'oie '' n'avait rien à voir avec la '' danse des '' canards ''.

trew1 le mardi 30 octobre 2018, à 22:52
bon theme bravo
esprit perçant!! lucide

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