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Tamango.
Tamango a quitté sa terre.
Les fers aux pieds et aux poignets,
Il sera transporté à fond de cales.
O’ nouveau monde,
Son corps est une marchandise.
Sa force et sa souffrance,
Dans l’enfer de l’esclavage,
Alimentent le funeste triangle
De notre indigne prospérité.
C’est l’immigration…forçat.
Tamango a quitté sa famille.
Les brodequins aux pieds,
Le fusil sur l’épaule,
Il sera acheminé vers la métropole.
Adieu monde,
Son corps est de la chair à canon.
Son courage et sa douleur,
Dans l’enfer des tranchées,
Du mortel Chemin des Dames,
Nourrissent la drôle de guerre
De notre insolente souveraineté.
C’est l’immigration…soldat.
Tamango a quitté son pays.
Le bleu sur le dos et l’outil à la main,
Il sera dirigé vers les usines.
Ah vieux monde,
Son corps cadencé et meurtri,
Est un instrument de croissance.
Sa sueur et son exploitation,
Dans la fureur de l’établi,
Favorisent l’impitoyable construction
De notre obsédante modernité.
C’est l’immigration…contrat.
Tamango n’a pas oublié son village.
Le poing levé et la banderole au vent,
Il marche sur le pavé revendicatif.
Odieux monde,
Son corps debout choisit la lutte.
Sa liberté et sa dignité,
Face à l’irrationnel des préjugés,
Dénoncent le racisme ordinaire
De notre amnésique cécité.
C’est l’immigration…débat.
Une naissance géographique,
C’est un être sans entrave.
Une genèse économique,
C’est un héritage complexe.
Je suis Tamango,
Et tout devient possible.
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