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Des Corps, des Choses et du Langage.
…..Des Corps, des Choses et du Langage. Nous n’irons pas plus loin, en Vérité, que cette Ligature étrange dont le Mystère d’une Paroi infranchissable nous interdit l’Accès et l’Origine. Nous n’irons pas plus loin que l’Eclat de ce Rassemblement de Corps, de Choses et de Langage, profonde Obscurité d’une Comparution sans Fond, d’un Apparaître démembré. Nous n’irons pas plus loin que cette folle Offrande, ce Déploiement âpre et sensible que des Forces traversent, disjoignent et dissimulent, Forces et Contre-Forces en Extériorité, en Intériorité, cette Inadéquation native entre l’Inerte et le Vivant, entre Mutisme et Signifiance...Nous n’irons pas plus loin que cette Ligature et cette Diffraction qui font un Monde, des Mondes et des Passions, que cet Espacement, cette Rencontre qui composent des Echiquiers mouvants de Lieux, Imbrications, Inimitiés, des Trajets de Désirs, des Hasards de Souffrance et de Joie, des Destinées d’Errance, Lignes de Vie, Lignes de Mort, des Flux et des Reflux avec la Basse continue du Devenir qui les entraîne à la Dérive, les Corps, les Choses et le Langage…..
C’est peut-être tout bas, à mi-Voix, parcimonieusement, à l’Opposé de la Lumière criarde où elles sont exposées, qu’il faut laisser se dire, se murmurer, s’égrener une à une, l’Une à l’Autre enlacées, parmi les Fleurs rouges de l’Ombre et les Statues funèbres de Silence, les Vérités entrecroisées labyrinthiques et mouvantes des Forces agonistiques, les Corps, les Choses et le Langage, en Paroles d’Enigmes, en Tremblement de Sens et en Oscillation, la Partition, l’Union secrètes et souterraines de la Naissance et de l’Errance, des Signes et de la Tombe…..
Nous aurons désiré dans la Chair de nos Corps, au-delà du Raisonnable, au-delà du Dicible, le Désir d’autres Corps, la Possession de Choses enviables que d’autres possédaient, Concupiscences en Chair et en Esprit, Pléonexie, l’Insatiable hors Limites, Paroles à Outrance, Hyperboles mentales, Images tant de Fois convoitées, tant de Fois ressassées, tant de Fois interdites. Beauté des Femmes à l’Extrême, Corps liquides et solaires, apolliniens et dionysiaques, un Eros de Ténèbre et de Feu au Dire en Paroxysme, le Mystère tournoyant du Vertige de l’Homme et de la Femme, Plaisir et Jouissance à la Lisière du Cri, de l’Impossible d’un Langage, stellaire Incandescence, Transes et Danses d’Extase et Nuques renversées comme mimant soudain le Spasme de la Mort, l’Orgie sauvage à son Sommet, la Confusion, la Plénitude et le Repos suprême, Ô Nostalgie, le Fond informe, inorganique et le Berceau hétérogène dont nous venons !…..
Devenir minéral des Corps, les Corps sont petits Mondes dans les Mondes, Syntaxes et Phrases de Matière, Carbone, Azote, Bouquets de Molécules, Grammaires charnelles de Cellules vitales et mortelles, Fleurs d’obscures Pulsions déguisées en Désirs toujours à déchiffrer et toujours à subir, et quel est donc le Sens de ce Dialogue autiste des Corps avec eux-mêmes, avec le Mutisme des Choses qui parsèment l’Espace de Heurts et de Rencontres? De Part en Part, l’Altérité nous traverse et nous tient qu’il faut aimer, peut-être, d’Amour désespéré, Ô Corps parlants et fugitifs, notre seule Richesse, Poèmes de Présence et d’Ineffable, Odes pour la Venue sur Terre et l’Abandon, Rhapsodies de Tourments et brisées de Silence, Mosaïques de Signes à demi-effacés parce qu’il y a l’Absence pour les Corps, les Choses et le Langage…..
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