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Amin Dada revisité (1924-2003)

le samedi 03 novembre 2018, à 14:53. Posté par Michel Ernest


    Le dénommé Amin Dada
    Aimait bien les rimes en "da"
    Puisqu'il est né en Ouganda
    Et qu'à Djeddah, il décéda

    Son père était simple soldat
    Dans l'armée colonisatrice
    Mais jamais il ne commanda
    Lors, il servit dans la police

    Il y servit comme nervi
    Et dans une tribu voisine
    Trouva la femme de sa vie
    De qui naît le petit Amin

    Sitôt l'enfant venu au monde
    Le père, la batte à la main
    De l'autre, la main d'une blonde
    Quitte la femme et le gamin

    La mère, se mordant les lèvres
    Pour ne pas perturber l'enfant
    L'emmène aux champs garder les chèvres
    D'un de ses amis cham… bêlant

    C'est là qu'il passe son enfance
    Entre l'école et son troupeau
    D'après son patronyme, on pense
    Qu'il dut préférer les chevaux

    Amin vit seul avec sa mère
    À côté du lac Victoria
    Où cantonnent des militaires
    À qui il quémande un emploi

    Le jeune homme est si débrouillard
    Que de simple aide-cuisinier
    On le retrouve un an plus tard
    Parachuté sous-officier

    Dans l'armée du roi d'Angleterre
    Il gravit tous les échelons
    Et quand il est trentagénaire
    Il a le grade de colon

    Mais lorsque le grand jour arrive
    Où les Ougandais s'émancipent
    Avec une colère vive
    Amin Dada y participe

    Il est tellement exemplaire
    Que le gouvernement légal
    L'intègre dans l'armée de terre
    Dans le grade de général

    Puis, à partir de cette époque
    Le général pète les plombs
    Il magouille, arnaque et en croque
    Si bien qu'il est riche à millions

    Fort de sa récente fortune
    Amin a de nouveaux amis
    Et pas des amis d'infortune
    Puisque d'un ministre, il s'agit

    Et pas n'importe quel ministre
    Puisque c'est le Premier, pardi
    Et avec lui, il administre
    La politique du pays

    Ce dernier le fait maréchal
    Et Amin, la mine réjouie
    Au cœur de sa région natale
    S'en va recruter son ethnie

    Avec son armée colossale
    Il part guerroyer l'ennemi
    Or l'ennemi du maréchal
    C'est le président du pays

    En soixante et onze, au printemps
    Amin et le Premier ministre
    Hommes forts du gouvernement
    Mènent leur besogne sinistre

    Ils libèrent les délinquants
    Hébergent d'odieux terroristes
    Assassinent les opposants
    Et s'entretuent à l'improviste

    Bientôt Amin, seul survivant
    S'institue président à vie
    Et rompant avec l'occident
    Il fricote avec Kadhafi

    Il autorise des rebelles
    Ayant détourné un avion
    De venir déposer ses ailes
    Sur un tarmac de sa nation

    Mal lui en prend car les otages
    Sont libérés par des paras
    Qui détruisent sur leur passage
    La moitié de son armada

    Déstabilisé, le despote
    Face à d'âpres mutineries
    À bout de force s'escamote
    Chez ses amis en Arabie

    Vingt-trois ans et quelques poussières
    Il vit en exil à Djeddah
    Et meurt au milieu du désert
    Comme il a laissé l'Ouganda

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