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le lundi 05 novembre 2018, à 18:10. Posté
par soilon
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j'ai l'enthousiasme à marée basse
le plaisir d'être qui s'fout la malle
d'abord la peau qui s'sent trop seule
personne dessus à caresser
l'inclinaison des contours tendres
ou les reliefs anti-douleur
et puis l'nocturne qui devient amer
un brin méchant
voire insondable
surtout les rêves les sales photos
tout un grain languissant
qui joue les baissers de rideau
immobile à moitié
ni très grand ni très pâle
même ensilé à la verticale
quant aux zones héros jeune
c'est l'abandon de la partie
le forfait murmuré
qui est sur toutes les lèvres
tout un alcool évaporé
un coup porté à la poitrine
comme un exil qui exhale
une exode
et qui serait aux antipodes
de l'exercice de mes excès
alors derrière la vitre remontée
de mon regard hagard
qui reste en coin pour des nuitées
les particules de verre brisé
c'est une vie pleine ensoleillée
mal agitée
et des images pour nuages noirs
qui font des ombres à reculons
dans le boudoir de l'ironie
et qui naviguent en nos troubles
si j'puis médire
mais le souvenir c'est plus pareil
il est changé devenu mort
presque un glissement de second rôle
la dérive lente des sans timons
le relâchement du corps voué
à s'arrondir devant la glace
à bedonner sur les côtés
pas un reproche pour le reflet
qui ferait mouche
tout le vomi encore à demi
dans la bouche
c'est au désert de suavité
des airs de graviter
autour des traces d'un chiffre effacé
l'absence froide d'une haleine chaude
sur l'oreiller
c'est peut-être pour ça
que j'ai tué le messager
au bas des marches de l'escalier
à tort et à travers
les petits travers de mes travaux
puisque le gouvernail de la raison
est hors service
j'ai cru bon de ne pas lire
sans pâlir
la déclaration des droits de l'âme
malgré l'enfer d'une courte poursuite
en faire une course pure soute
avec en plus caché dans le double fond
un sauve-qui-peut cloué sur la porte
du dos tourné aux regrets
les mains dans les poches
et la tête dans un sac
de nœuds
sans oublier l'empreinte du doigt
mise à l'index
mais imprimée à jamais
sur la gâchette du désespoir
ce vieux sournois que je n'ai plus revu
depuis des lustres au teint bistre
et pour l'ennui mortifère
il lui faudra revenir encore
accompagné aussi des autres hurluberlus
du pôle fier
tous enfermés dans une petite boîte en fer
comme un refrain qui s'incorpore
hélas pour lui
et las
je pleure la nuit
je pleure le jour
je pleure aussi parce que l'amour
l'amour n'est qu'une farce immonde
un Graal dans la grêle
qui dégringole vers la rigole
un dieu inventé aux humeurs vagabondes
et qui applique sa loi
dans le plus simple appareil
dans le plus ample désarroi
d'une dictature à l'emporte-pièce
des sentiments aménagés
des confusions presque étrangères
à la question
rien d'autre ici-bas qui ne dure plus d'un temps
celui que dure la censure
en montant à tâtons l'ascenseur
des béni-oui-oui
et des crève-la-peur
car l'amour ça s'échappe
ça prend la porte ou les p'tites trappes
et dès qu'on courbe l'échine
ou qu'on consent comme par malheur
aux soumissions les plus ultimes
aux sacrifices à la petite semaine
il trouve ailleurs la bonne médecine
le placebo qu'est l'arrangement
sur l'échafaud des beaux mensonges
vraiment non
rien d'autre ici-bas qui ne tienne
plus d'une heure
puisque ta main dans la mienne
c'est un peu moins qu'un crime
mais déjà plus qu'une erreur
et que ce poème
cette vente aux enchères de moi-même
que ta peau aime
est comme un enfant tombé pour l'affront
affaire classée au secret
dans le capharnaüm d'archives
que sont mes pensées
avec écrit dessus cette note malade
mort pour l'apatride
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