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Du jour au lendemain.

le mercredi 07 novembre 2018, à 09:12. Posté par Pascal


Du jour au lendemain.

Du matin jusqu’au soir, il n’a vraiment pas de veine.
Chaque jour suffit sa peine est comme une rengaine.
Sur son calendrier, toutes les dates sont en noires.
Sa vie est un cauchemar, où règne le désespoir.
La malchance et l’ennui ajoutent à sa souffrance.
Sa fadeur et sa tristesse augmentent son errance.
Au réveil, il se prend les pieds dans le tapis.
Sa toilette est à l’eau froide, dans un évier tout petit.
La couleur des vêtements, c’est évidemment du gris.
Il avale un café trop serré et un bout de pain rassis.
Il descend l’escalier et l’ascenseur est rempli.
Il arrive dans la rue et le temps est à la pluie.
Trempé par une averse, il rejoint l’autobus.
Il reste coincé, debout, puis atterri au terminus.
Il ne croise aucun joli regard, ni sourire amical.
Il se fait même voler, en achetant le journal.
Il arrive en retard sur son lieu de travail.
Il se fait sermonner pour un point de détail.
Tout seul dans un bureau étroit, sans aide ni soutien,
jugé inapte, maladroit, il se fait traiter de bon à rien.
A la cantine, il mange toujours dans son coin.
Et jamais personne, à sa table, ne le rejoint.
Quand la journée s’achève, il rentre solitaire.
Il dîne sur ses genoux, sans fromage ni dessert.
Il se couche, déprimé, au trente sixième dessous.
Il entend les voisins faire les quatre cent coups,
cherchant le sommeil dans un profond dégoût.
Soudain le réveil sonne, le sort de sa rêverie.
Il se sent tout léger, dans le creux de son lit.
Il se lève d’un bon pied, le corps bien reposé.
Il se lave avec entrain, heureux de s’asperger.
Il enfile une chemise à fleurs et un pantalon blanc.
Tartines grillées, plus miel, un café chaud bouillant.
Il entre dans l’ascenseur, dépasse tous les étages.
Il se retrouve sur le trottoir, sans aucun dérapage.
Les rayons radieux du soleil lui caressent le visage.
Il est assis, dans son bus, tout le long du voyage.
Il croise l’œil bienveillant de passagers joyeux.
Il apprécie les rires et ce climat merveilleux.
Une dernière foulée, il arrive à la bonne heure.
Il réussit son entrée, par un accueil sans heurt.
Il attaque le boulot, avec talent et détermination.
Il atteint tous ses objectifs, forçant l’admiration.
Au moment du repas, tout le monde se précipite.
La faveur de déjeuner en sa compagnie se mérite.
Pour revenir chez lui, il est raccompagné.
Elle est toujours somptueuse et très attentionnée.
Assise sur ses genoux, sans ambages, il la serre.
Il l’embrasse dans le cou et fait le nécessaire.
Les cris de leurs ébats parcourent tout l’immeuble.
Certains voisins jaloux lui font un peu la gueule.
Sa chance et sa réussite avec un moral de vainqueur,
du jour au lendemain, transforment son humeur.
Cela lui donne, enfin, un avant-goût du bonheur.
C’est un incroyable va et vient de gaîté à chagrin,
qui fait bouger sans cesse les lignes de votre destin.

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
liameliavq le jeudi 08 novembre 2018, à 05:21
Debbie m'enlève le mot de la bouche, votre texte est vraiment superbe !
"Un incroyable va-et-vient de gaieté à chagrin"
que le destin place entre nos mains et devant nos yeux, qui change la donne des sentiments ressentis et notre relation au monde...
Bravo encore Pascal.
Mes amitiés poétiques.
LN.

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