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Aussi longtemps que tes deux mains
Se poseront sur mon chagrin
Aussi longtemps
Comme on panse les plaies
D’une bête blessée
Comme on bouche la brèche
Au flanc de bois du bateau
Comme on parle à la rivière
Aussi longtemps que tes deux mains
Ces colombes craintives
Par Dieu seul sait quel vent poussées
Dans quel dessein juste à peine ébauché
S’envoleront vers moi
Aussi longtemps
Comme on étanche la soif
De qui revient du désert
Comme on indique la route
Au passant qui s’est perdu
Comme un sourire gratuit qu’on dirait de bonté
Aussi longtemps Laurence
Aussi longtemps j’aurai
A me tourner vers toi
Ce grand désir d’avril qui vous bouscule au cœur
Et je garderai à mes lèvres
Ce bredouillis d’étoiles
Qui peut passer pour un poème
Novembre 2018
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