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Augusto Pinochet revisité (1915-2006)

le vendredi 09 novembre 2018, à 07:39. Posté par Michel Ernest


    Parmi les funestes personnes
    Dont j'écris les biographies
    Pinochet est en place bonne
    Derrière Hitler et ses amis

    Et, si aux autres, il déroge
    C'est qu'un grand enfant il restait
    Car dans son nom, disait Desproges
    On y trouve le mot "hochet"

    L'homme naît à Valparaiso
    Un mois avant mil neuf cent-seize
    Dans une famille catho-
    -lique d'origine française

    Il entre, jeune, au séminaire
    Mais il en est vite éjecté
    Par mesure disciplinaire
    Les Français sont très dissipés

    Alors au collège on le forme
    Pour être un bon petit Chilien
    Digne de porter l'uniforme
    Quand il aura seize ans atteints

    C'est à l'école militaire
    Qu'il trouve enfin sa vocation
    Il se fait soldat de carrière
    Et gravit tous les échelons

    C'est en tenue de capitaine
    Qu'il se marie à vingt-cinq ans
    Avec une jolie Chilienne
    Mais Basque par ses deux parents

    En mil neuf cent soixante-huit
    Pinochet devient général
    Il ne le doit qu'à son mérite
    Jusque-là, le type est normal

    Quand Allende se fait élire
    Président de la république
    Ce dernier émet le désir
    Que dans son équipe, il rapplique

    Chef d'État-major, on le nomme
    Avec le grade qui s'ensuit
    Alors Pinochet se sent comme
    Un loup dans une bergerie

    Après deux années difficiles
    De grèves et d'agitation
    De meetings, de slogans hostiles
    Au gouvernement mollasson

    Le rusé Pinochet renverse
    Le Président qui disparaît
    Puis une dictature exerce
    Sur son peuple terrorisé

    Chef d'une épouvantable junte
    Il prend des décisions brutales
    Exige une presse restreinte
    Dissous l'Assemblée nationale

    Interdit les syndicalistes
    Abolit la constitution
    Pourchasse les leaders gauchistes
    Procède à leur arrestation

    Après un an de cauchemar
    Il plébiscite la nation
    Pour être leur nouveau César
    Les Chiliens ne disent pas non

    La Commission des droits de l'homme
    De l'O. N. U. condamne en bloc
    La purge, le référendum
    Et l'oncle Sam, sans équivoque

    Lors, Pinochet, non sans malice
    Libère quelques prisonniers
    Militaires, gens de police
    Et agents de sécurité

    La récession économique
    Touche le pays de plein fouet
    Et un îlot du Pacifique
    Pousse la clique à guerroyer

    Il faut que le Pape s'échine
    À calmer ses "guérilleros"
    Car aux confins de l'Argentine
    Les "muchachos" ont le sang chaud

    Au bout de sept ans de malheur
    La glace n'était pas rompue
    Entre le peuple et son leader
    Et par crainte, il est réélu

    En mil neuf cent quatre-vingt-six
    On tente de l'assassiner
    Lors, il serre plus fort la vis
    Sur ses opposants requinqués

    Durant les deux années qui suivent
    Le peuple enfin se manifeste
    Et quand les élections arrivent
    Pinochet se prend une veste

    Deux ans encore il faut attendre
    Pour que Pinochet se retire
    La démocratie peut reprendre
    Après seize années de martyr

    Pinochet en contrepartie
    Redevient le chef des armées
    Pendant huit années et demie
    Puis, à quatre-vingts ans passés

    Il se fait élire haut-la-main
    Sénateur à vie par ses pairs
    Et sans souci du lendemain
    Il coule des journées prospères

    Jusqu'au jour où un grain de sable
    Vient enrayer la mécanique
    Une hernie désagréable
    Inopérable en Amérique

    L'oblige à partir en urgence
    À Londres, se faire soigner
    C'est là qu'un juge rouge lance
    Contre lui un mandat d'arrêt

    L'ex-dictateur octogénaire
    Se retrouve vite en prison
    Accusé d'être un tortionnaire
    Dans son cachot il se morfond

    Bientôt son état se dégrade
    Et quand chez le juge, il se rend
    C'est fatigué, tremblant, malade
    Poussé dans un fauteuil roulant

    Inquiet de sa décrépitude
    Le gouvernement britannique
    Dans son immense mansuétude
    Le renvoie vers son Amérique

    Là-bas, dans son Chili natal
    Quand les militaires l'accueillent
    Au son de l'hymne national
    Il est debout sans son fauteuil

    Mais la justice le rattrape
    On lève son immunité
    Or, à la prison, il échappe
    Car son état s'est aggravé

    On le conduit à l'hôpital
    Dans un état désespéré
    Là-bas, le bougre d'animal
    Retrouve presque la santé

    Juste la force qui suffit
    Pour s'en aller paisiblement
    Impuni, au fond de son lit
    À près de quatre-vingt douze ans

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