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Une Vie sans Principes.

le vendredi 16 novembre 2018, à 13:05. Posté par Avenance


    Une Vie sans Principes.


    …..Sur Fond Noir sidéral infondé, inintelligible, informe, illimité, Matière et Vie, inlassablement s’échangent et se repoussent, Gisement du Tréfonds des Présences, s’effacent vers le Sans-Fond, composent et décomposent l’Entrelacement de leurs Formes, le Flux et le Reflux de leurs Confins, les Bords mouvants de leur Allure...Mutisme sans Principe de la Matière aveugle, inorganique, Jaillissement exubérant des Vies charnelles et mortelles, Excès sans Loi de la Vie dispersée, chaotique, coulant, fuyant vers l’Entropie et le Néant dont elle a Nostalgie, Fascination...Débauche d’Energie et de Puissance, sans autre Raison qu’être, les Vies s’affrontent et se consument sur Fond Noir sidéral et béant, Orgie de Mouvements irrationnels et de Métamorphoses aveuglément produits, aveuglément repris dans le Trou noir du Monde, la Confusion originelle hétéronome, en pure Perte où toutes Choses se terminent…..
    J’ai si souvent rêvé, alors, d’un Marbre éléatique, lisse et uni de toute Eternité, Assise inébranlable de Corps sculptés et hiératiques, inconvulsifs, Force inflexible, Appui, Soubassement pour un Monde invariable, assagi, Beauté des Délimitations et des Contours, Beauté des Symétries, des Formes accomplies, de l’Immobilité des Choses et des Oeuvres dans la Lumière tactile d’un Temple azuréen à la Divinité intelligible et absolue, Beauté d’un pur Sommeil quand Rien ne bouge ni ne s’altère, Splendeur de ce qui ne procède pas ni ne devient ni ne s’érode, Beauté et Perfection de l’éternel Repos, Matière et Corps incorruptibles...J’aimais, alors, en Rêve, un pur Maintien du Monde et de la Vie, un pur Savoir des Origines et des Fins dans la Joie de la Garde alternée et parfaite du Jour et de la Nuit, un Monde délivré de l’Emiettement et de la Dissémination…..
    J’ai si souvent imaginé des Corps inengendrés, asexués et innocents, purs de Désir et de Domination et de Puissance, des Corps sans Naissance ni Mort, ni Déclin ni Blessures ni Envie ni Souffrance, des Corps sublimes, intacts, à la Lisière de l’Inexistence, des Chairs paradisiaques à Douceur nonpareille, des Âmes sans Remords ni Mortification, des Coeurs sans Injustice, libres d’Offenses, d’Humiliation et de Violence, Corps maintenus dans l’Être et l’Un et dans la Joie du Bien qui se diffuse sans se dissoudre, sans Contrainte, sans Injonction et dans l’extrême Dilection les Uns des Autres…
    Souvent, j’imaginais d’amples Consciences sensorielles, d’infinis Intellects sensibles en Langues amicales, sensuelles, simplement, seulement effleurés par la Brise immaculée de l’Un et son Sillage enveloppant, Bleuité du Principe diaphane, Principe sans Principe autre que sa Tenue, sa Retenue impondérable librement dispensées, Souffle, amoureux Soupir, Traces d’Azur et d’Or ouvrant et rassemblant le Poème, la Parole pensante, toutes Choses du Monde tragiquement soumises à Dispersion, à l’Intervalle, à la Dislocation. J’ai si souvent rêvé naïvement d’Affinité et d’Harmonie universelles, d’Existences sphériques, immortelles, en Myriades de Sphères librement assemblées et légères, Molécules d’Ivoire dansantes et chantantes portées à l’Unisson et Consonance, Cadence et Eurythmie, douce Force exempte de Puissance et de Pléonexie…
    L’Absentement des Principes retirés et imparticipables, l’Oubli heureux des Origines, la Dissimulation foncière des Provenances, le Labyrinthe des Intelligibles nous tiennent à Distance de la Fusion mystique ineffable et du Trou noir de l’Entropie comme de la Dislocation et de l’Eblouissement de la Surpuissance de l’Être. L’Un sans Fond, sans Pesanteur et au-delà de l’Être nous signifient la Vérité de l’Ouvert et du Libre, une joyeuse Errance pour un Temps, parmi les Êtres et les Choses dont l’Expressivité et les Couleurs comblent la Magie des Sens, les Plaisirs de l’Esprit...Que soient permises enfin la Louange et la Célébration, une Vie délivrée et sans Commandements, une Vie déliée des Tyrannies de l’Ordre et de la Soumission, dans la Sérénité d’un courageux Déclin vers l’Âge du Grand Repos, une Vie sans Principes…..

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