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Lettre d’une passagère du Titanic
( lettre envoyée en morse à une amie juste avant le naufrage )
Ma chère Amélie
Ici, dans la cabine , avec Marcel , c’est chaud et on nage dans le bonheur.
On peut même dire qu’on se la coule douce.
Superbe croisière.
Sur le pont, on n’arrête pas de me draguer.
Hier, j’étais plongée dans une lecture et un homme m’a abordé.
Il flottait un peu dans son costume, disons que dedans, il était
plutôt au large.
Nous avons papoté un moment. J’ai tout de suite perçu qu’il avait
un tempérament bien trempé.
En parlant, à priori, il ne voulait pas trop se mouiller mais il
m’a quand même décrit sa vie comme un vrai naufrage vu
qu’il était devenu pendant pas mal de temps une véritable
épave et qu’il avait vécu des années de galère.
Il a rajouté à son histoire que si il avait beaucoup pêché
dans sa vie c’est parce qu’il était né sous le signe du Poisson.
Il n’a pas hésité à se jeter à l’eau en me confiant qu’il avait
récemment touché le fond et que c’était pour refaire surface
qu’il avait décidé de faire cette croisière en espérant y
rencontrer l’amour ( je dirai à la place, une bouée de sauvetage )
Sur le coup, j’ai de suite pensé qu’il me menait en bateau mais je
suis vite tombé sous son charme quand il m’a offert une glace
monumentale…..que dis-je ! , un véritable iceberg.
Ca m’a fait un choc de sucer un truc aussi gros.
J’en voyais jamais le bout et je fondais de plaisir.
Dans le salon, flottait l’odeur de son cigare qui je le confirme
était pas mal roulé.
Après ça, nous avons dansé car l’orchestre jouait des airs
assez chaloupés.
J’ai remarqué qu’il parlait beaucoup avec les mains,( qu’il
avait très baladeuses ), mais je ne lui en ferai pas le procès
car à sa décharge, j’ai de suite senti qu’il avait aussi autre
chose que le pied marin.
Ma chère, si tu voyais son pompon !
Le paquebot filait vingt nœuds, lui, il avait certainement
du en filer beaucoup plus dans sa vie.
Avant que l’on se quitte, il m’a dit que notre rencontre avait
fait chavirer son cœur et que maintenant qu’il était sur
la bonne voie ( qui je l’espère ne deviendra pas une voie d’eau ),
pour fêter tout ça, il m’invitait à partager sa cabine pour boire
une coupe de champagne ‘’ bien mousseux comme l’écume
de la mer.’’ disait-il.
Un vrai poète en plus.
D’ailleurs, ça n’a pas Trenet, il m’a aussitôt chanté La Mer.
Après, ma chère amie, je ne me souviens plus de rien, juste
quelques souvenirs assez vagues du ‘ roulis ‘ de nos corps
Un coup à bâbord…un coup à tribord, on tanguait dans tous
les sens, même que la cloison en vibrait.
Aprés, il me semble que nous nous sommes enfoncés tous les
deux sous les draps, et là , nous avons sombré dans un profond
sommeil.
Claude écrit le 20 Novembre 2018
https://www.youtube.com/watch?v=gUQgLLQcmNk
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