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C’est bien la poésie qui…
C’est bien la poésie qui me tient en haleine
Quand son souffle me guide vers d’autres horizons,
C’est bien la poésie qui exalte mes peines
Mais sans me donner tort de perdre la raison.
C’est bien ces quelques lignes dans l’ivresse des larmes
Qui noient tout mes chagrins jusqu’à me pardonner
Cette guerre des mots où je baisse les armes
Pour devenir sa cible quand elle m’a touchée.
C’est bien la poésie qui fait que je t’implore
O ! Muse capricieuse dont le corps me nourrit,
Tu enlaces mes rêves sur lesquels je m’endort
Avec ce vif remord de n’avoir pas écrit.
Qui peut me consoler de ton ombre captive ?
Qui peut imaginer combien j’en ai souffert ?
Quand au lever du jour jusqu’à l’heure tardive
J’ai veillé pour des vers que tu n’as pas offert.
Toi qui n’est à mes yeux que l’amante infidèle
Capable de trahir mes secrets, mes défis,
Tu me pousses souvent à te chercher querelle
Esclave de ton art dont je suis affranchi.
C’est bien ces quelques strophes fruits de mes confidences
Qui peuvent m’éblouir autant que m’effrayer,
O ! combien je redoute cette cruelle absence
Des mots qui lâchement veulent m’abandonner.
J’écris pour décrypter la peur qui me tenaille,
J’écris pour le silence de mes sables mouvants,
Au plus profond de moi, il y a cette faille
Ouverte à tout jamais dans l’écho du néant.
Je sais qu’à tout moment l’inspiration éclose
Peut fermer ses pétales pour ne plus les ouvrir,
Pareil à cette fleur que tous les jours j’arrose
Mais qui malgré mes soins finira par mourir.
Claude
https://www.youtube.com/watch?v=W1teyxg4jKo
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