|
Oyez! … Oyez !
Il était une fois un fier et ambitieux régent,
Fakir des promesses aux nombreux indigents,
Merveilleux valet des orgueilleux puissants.
Pas de coups de balai au fastueux château,
L’enjeu étant d’abord de partager le gâteau,
Avec des règles simples ou idées racoleuses.
Les courtisans se pressent et saluent son talent,
Les intrigants adroits attendent patiemment,
Ici, c’est la cour qui gouverne et dépense l’argent.
Le roi est associé pour les parades et les banquets.
Quand il croit décider, il ne fait qu’émarger.
Il dépense sans compter, essentiellement son temps,
Car les deniers publics sont déjà partagés.
Son devoir est de plaire pour ne pas décevoir,
Et rejoindre le sommet de sa tour d’ivoire,
Pour exercer de haut son ténébreux pouvoir,
En se projetant plus loin vers une autre victoire,
Et se rêver enfin comme l’empereur des coquins.
Ici s’achève la République des sans-culottes,
Adoubant par le vote un prince qui la gouverne,
Pour oublier le despote au prix de balivernes,
Qui tape sur l’épaule, comme pour un bon copain,
Inoculant en vous ce redoutable venin :
De prendre des vessies pour des lanternes.
|