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le chaînon manqué

le lundi 26 novembre 2018, à 20:39. Posté par soilon


    guère de vœux en garde à vue
    et j'avoue
    c'est d'bonne guerre
    je l'ai mis loin devant derrière
    c'est tellement plus tentant
    d'avaler
    les serments à sornettes
    la vanité des gens toute prête
    alors soit j'appareille
    je jette un voile d'avant en arrière
    et je délaye
    car la glissade est tout autant
    sur le vent
    tout aussi surélevée que l'avant
    vingt-quatrième dimension
    c'est l'heure de pointe
    à haute tension
    où donc est passé c'foutu présent
    tant méprisé
    qu'à dieu ne plaise je mets à dos
    toute l'épouvante et jour de vente
    pour la tournée la seule la vraie
    celle des grands ducs
    qu'adieu-cadeau un peu caduc
    j'devrais pourtant pouvoir remettre
    la main dessus
    l'amant dessous
    le guide les rênes et l'inconditionnel
    hypothétique pilote de ligne
    j'suis tout seul à conduire
    personne à côté
    allongé embarqué qui me suive
    pas une ombre qui ne soit
    rattachée à mon corps
    deux métiers
    pas un ange qui me dise
    c'est pour toi que je reste
    sur l'qui-vive
    pour toi je me tiens toujours en éveil
    et je t'en ferai donc voir
    de toutes les couleuvres
    et des huitièmes merveilles-demandes
    qui n'entrent pas en ligne
    de coke
    pour faire sauter bang bang
    le barillet de la banque
    et le manque
    pas de voix pas de son qui feraient
    comme une douce mélopée
    un chant suzerain
    du bout des lèvres susurré
    juste pour me faire entendre
    déraison
    et le refrain n'en serait pas un
    de frein
    à notre histoire de voir
    tchin tchin santé
    je porte un toast avant qu'on n'accoste
    ma coupe est pleine mais je la lève
    je bois jusqu'à la lie
    à notre amour celui qui suit
    c'est là qu'on traverse
    qu'on règle nos pas sur ceux de l'ivresse
    qu'on agrafe nos vies
    sur les murs de la terre
    tant pis si c'est pas des posters
    personne qui me montre
    les desseins de son cœur
    les deux sous du bonheur
    auxquels même pris de travers
    j'ai sûrement un peu droit
    mais le pire
    plus encore que les fameux soupirs
    qui se font toujours trop rares
    coupables écroués presque en fuite
    au bord de la limite
    ou les dessous de cartes qui les abritent
    c'est l'absence qui dure
    d'une bouche qui m'embrasse
    et qui fasse
    des mots oublieux
    des signaux de tendresse sans fumée
    des saltos dangereux
    avec des paroles en l'air
    la nage indienne et des embouteillages
    en or massif
    vocabulaire toujours actif
    mais au dernier étage des douleurs tardives
    c'est là qu'est la brèche
    que le monde se penche
    pour allumer la mèche
    et les bons sentiments les espoirs simples
    cachés tout au fond voir en réserve
    finissent mal souvent dehors
    limogés par la folle escouade
    des nouveaux matadors
    inoculés morte-saison
    coincés perdus errants
    dans le couloir le reste de leur temps
    l'échine est pliée
    par ce poids lourd que sont les années
    sur une natte de détresse
    non je sens pas la présence
    je vois pas de raison
    l'évidence ni le sens d'assistance
    amoureuse
    la noueuse déliée
    le regard noir abstrait
    j'ai le cœur comme en friche
    je n'en donne pas très cher
    il préfère la jachère
    et soudain la remarque aérienne
    qui fait mouche
    innocente anodine et cinglante
    c'est le vide la trouée l'avancée
    sur le siège passager
    vers le rien vert-de-gris
    tout ça fait que j'm'ennuie
    c'était cousu de fil blanc
    en aiguille
    et bien qu'entre parenthèses
    tout l'amour ne fasse qu'un
    sans aucun point commun
    les beaux jours quant à eux tournent en rond
    et ne font
    qu'une seule et même nuit
    mort clinique éternelle position
    dans le lit
    j'ai l'espoir qui s'enlise
    c'est l'unique analyse
    orthographe catastrophe
    hiéroglyphe à la hache
    ce langage m'apostrophe
    se détache
    pas une capitule à l'envie
    bascule dans mon camp
    vient rejoindre ma voiture amphibie
    le dilemme un seul aime
    pas de copilote dans ma vie
    qui m'aide à franchir
    m'affranchir
    du décret des passages sécrétants
    et avant longtemps
    des Cap Horn en furie
    les capteurs de l'oubli

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le lundi 26 novembre 2018, à 22:18
J'aime beaucoup cette logorrhée (dans le sens non psychiatrique du terme) voulue qui démontre chez l'auteur une vraie maîtrise des mots et leur utilisation à des fins aussi spirituelles que poétiques ne poésie moderne et talentueuse

soilon le mercredi 28 novembre 2018, à 10:19
Bonjour Rivaudais,
Merci d'avoir pris le temps de me lire et d'apprécier cette prose qui semble laisser perplexes d'autres poètes sur ce site... ça me pousse à récidiver !
Bonne journée à toi.

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