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Je voudrais m'ennuyer à mourir, et mourir
Dans ce bourg silencieux, dans cet immeuble bleu
Aux balcons délavés par la lune immobile,
Lumière froide et blanche au profond de la nuit
Je voudrais observer dans le moindre détail
Le papier compassé, ses arabesques mauves,
Les plantureuses fleurs un peu trop anguleuses,
Qui s'étiolent aux murs de ma chambre lépreuse
Apprivoiser enfin cette araignée velue
Que je croise au matin quand monte le chagrin,
Quand revient du lointain l'odeur des entrepôts,
Quand clignotent toujours les feux vers le canal
Je voudrais m'ennuyer à pleurer, et pleurer
En gros sanglots si longs qu'ils dispersent mon corps,
Là, au vacarme las de ce train du matin
Je comprendrais enfin pourquoi tu m'as quitté.
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