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Comme la fortune est diverse
Oboles, réaux et sequins,
Se perd, s'envole, se disperse
Au bon vouloir des malandrins,
Comme l'année en ses semaines
S'enfuit sans jamais revenir,
Comme l'oiseau privé de graines
Ne peut s'attendre qu'à mourir,
Comme l'aiguille allait la laine,
Nous nous aimions sans le savoir
Que les mailles se désenchaînent,
Que la cire fond au bougeoir.
Les jours s'en vont et se ressemblent
Sans qu'aucun vienne m'attendrir.
Nous les marchions si bien à l'amble,
Main dans la main, prêts à vieillir.
Une goutte de moins dans l'onde
Et tout l'océan des amours
M'indiffère et je vois le monde
Fumant comme aux cavalcadours.
Comme l'eau coule à la fontaine
Ou bien le sable entre les doigts,
Comme le voleur qui t'entraîne
Plus loin que l'image et la voix,
Ainsi le flot de ma tristesse
Revient toujours me submerger,
Me noyant dans sa petitesse
Et dans son rêve mensonger.
Et comme au chapelet des nonnes
Les rosaires se succédant,
Les nuits, seules, me font l'aumône
De l'oubli d'un sommeil usant.
Ainsi le vent à perdre haleine
Pousse sans cesse son arroi
Dans le grand désert de ma peine
Tant ma vie est vide sans toi.
Recueil "Une étincelle d'éternité"
Tout comme Micheline je n'arrive plus à poster mes commentaires
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