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Pourquoi vivre si vieux ?
Dans les décombres d’un corps épuisé,
Dans les larmes de la souffrance répétée,
Dans le silence des heures ralenties,
Revient cette question brutale, inaboutie :
Pourquoi vivre si vieux ?
Dans le poids de chaque mouvement amorcé,
Dans la mâchouille d’une bouche édentée,
Dans la solitude heurtée des aides abruties,
Revient cette question banale, emboutie :
Pourquoi vivre si vieux ?
Dans le désir inavouable de survie,
Dans les peurs exagérément exacerbées,
Dans l’attachement renouvelé aux appétits,
Revient cette question ancestrale, rabougrie :
Pourquoi vivre si vieux ?
Pourquoi vivre si vieux ?
Au moins, oui, à deux !
Mais seul et douloureux !
Pourquoi vivre si vieux ?
Pourquoi vivre si vieux ?
Au moins, oui en mieux !
Mais seul et si peureux !
Pourquoi vivre si vieux ?
Pourquoi vivre si vieux ?
Même pas un peu envieux !
Juste des rêves terreux
De trous noirs crayeux.
Attente lente,
Impatiente,
Sous sa tente
A un lit réduite.
Dans un souffle tombe
La question ultime :
Pourquoi vivre si vieux ?
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