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Quand la ville s’endort
Quand la ville s’endort, inquiétante tanière,
Au milieu des ghettos qui l’ont fragilisée,
Je regarde effrayé ces bunkers de lumière
Qui face à la détresse se sentent désarmés.
Quand la ville s’endort , je ferme les paupières
En pensant à ces gens qui sont paupérisés,
A ces gosses perdus nourris par la misère
Qui n’ont pour avenir qu’un horizon fermé.
Quand la ville s’endort avec ses sans-abris,
Je me sent mal à l’aise, bien au chaud sous la couette,
De bien tristes pensées maraudent dans ma tête,
Avec elles je voyage jusqu’au bout de ma nuit.
Quand la ville s’endort telle une fourmilière,
J’entends battre son cœur dans un corps démoli,
Les néons qui diffusent leurs rayons nucléaires
Se plaisent chaque soir à la voir enlaidie.
Quand la ville s’endort dans son sommeil précaire
Avec ses illusions qu’elle pourra bercer,
Des amoureux s’embrassent dessous un réverbère
Ou une flaque d’eau ombrage leur reflet.
Quand la ville assagie dort sur ses deux oreilles,
En haut un corps céleste lui fait un pied de nez,
Avec lui, pas question d’une lune de miel,
Car la lune ce soir ne fait pas de quartier.
Claude écrit le 12 décembre 2018
https://www.youtube.com/watch?v=AGOOBOQ5aJo
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