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le dimanche 16 décembre 2018, à 10:28. Posté
par soilon
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je renifle ta peine
c'est la même que la mienne
et l'odeur de ta peur
qui renâcle à la haine
se répand comme la mauvaise haleine
véritable gangrène
à des kilomètres à la ronde
c'est du pareil amen
on dirait qu'elle part en croisade
une croisière sur un croiseur
autour du monde
t'en fais pas je s'rai muré
comme une tombe
ou malade comme un chien
ça dépend du destin
je suppose c'est morose
que chaque heure qui passe
raccourcit un peu plus ton espace
que chaque jour qui se termine
ressemble à un vrai champ de mines
ça résume assez bien les sanglots
ces ruisseaux d'une seconde
et toujours la même fin
l'identique blessure devenue un refrain
oui je la connais cette peine
incompressible éternité moins une semaine
que veux-tu que je dise
que faut-il que j'en pense
si tu pars je me grise
je prendrai de l'avance
au compteur
au compte-tours des battements de ton cœur
les palpitations se resserrent
s'accélèrent prolifèrent
collées au carreau
derrière les barreaux
la barre haut
placée
au-dessus de la cible tourmentée
une flèche plantée en son centre
et qui tremble et vacille
au contact de l'air ivre
puisque la moitié de son tout
baigne déjà dans un vide exsangue
au milieu des eaux stagnantes
d'une sève rampante
c'est comme la banquise
des couches de glace tellement épaisses
qu'elles ne laissent
par effet de bonté
que cette fameuse nature étalée
si ce n'est la couleur
qui s'dérobe sous tes pas
et reste foncée
en négatif vue inversée
j'voudrais pouvoir t'enlever
redevenir un hors-la-loi
ici en place et en droit
j'aimerais te ravir
t'envahir
kidnapper cette angoisse
le mauvais sang qui se tord et te froisse
que je sens t'étrangler
et qui colle à ton cou
comme une masse un boulet
aux accents fortement prononcés
tortionnaires hystériques étrangers
et le poids
ce poison maladroit
enhardi exhorté décuplé
qui te suit comme une ombre
de côté
oh je l'entends la sentence
cet impôt sur la vie
cet impact comme un bruit
dont le son sera mal amorti
je suffoque d'une attaque électrique
leur éthique tout à trac
m'estomaque
et leurs tics en faux teck
leur tactique
tout un stock de verdict
calcul mental démantelé
et machineries de menteurs amateurs
en arrhes plastiques
jouant à refaire
des chiffres et des êtres
et peut-être
une coupure de courant dans la vie des gens
arrêt de mort
le pied au mur de l'aéroport
et l'envie
parachutée décapitée précipitée
en sursis
qui part en vrille
ou même en torche
à la dérive derrière les grilles
sous le couvert de l'étroitesse
mais loin du porche
de l'insouciance à petit prix
à petit feu
c'est la philosophie des ennuyeux
et la doctrine indélicate
des francs tireurs pro-nauséeux
un bout d'ficelle accrochée à la patte
que reste-t-il à faire
je suis sujet à des vertiges
aux trois p'tits points d'interrogation
et dont l'objet sera de présider
séance tenante et sur le pied
de guerre
l'indésirable effet secondaire
toutes les réponses
cachées jetées
dans les oubliettes vaporeuses du présent dépassé
et dans les gîtes non moins ruraux
où tu n'es plus qu'un numéro
les cellules mortes emprisonnées
et toi vivant à espérer encore
te souvenir souvent
des grands bonheurs des beaux instants
des saisons longues secouées gentiment
par les remous du vent
des montées d'fièvre affriolantes
du goutte-à-goutte en sueurs froides
quand tu as su décrocher
sur simple demande
la lune de son plafond vieux étoilé
la traîne d'une robe de mariée
qui lui sert de guirlande
oui toi vivant longtemps
et voulant remplir
la trame inachevée de tes désirs
faisant doucement le tour
de la question
un nombre incalculable de fois
les cent pas
tournant et retournant en rond
dans les sillons de la cour exigue du fond
refaisant aussi le compte
de tes secrets
avec peut-être sur le bout des doigts
la marque du regret
l'empreinte invisible du verbe aimer
toi toujours
restant bien vivant
retraçant le chemin de temps en temps
que tu n'as pas pu prendre
tous les virages et les démons
les contre-pieds
l'hémorragie des sauts d'obstacles
avec lesquels il a fallu négocier
les faux cols de chemise
de montagne
qu'on ne sait pas déplacer
puisque la main de l'homme est tremblante
et son âme faite de pâte à papier
mais aussi poursuivi
de gifles qui sifflent dans le vif
du sujet
de coups de maîtres et d'essais
reçus cinq sur cinq
en plein cœur violenté
par les mouvements de l'acier
oui toi debout pour longtemps
voudras-tu connaître un jour
silence puis roulement de tambour
la vérité
sur mes insuffisances
à t'aider
à plaider
à piper les dés
je me tiens là régénéré revigoré
dans un morceau recollé de ton cœur
et partout ailleurs
sur les contreforts de tes pensées
peut-être même encore au-delà
de ces mots de ces voix
toi assis sur le bord hésitant
de la transparente corniche
songe qu'avant de tomber
avant de plonger dans les ronces
tu f'rais de moi un orphelin
à moitié
je ne crois pas qu'il faille
malgré le temps et ses entailles
que tu renonces
que tu t'enfonces
alors va je te laisse
refermer le verrou remplacer le loquet
tracer un trait une ligne droite
non segmentée
sur les débordements et les élans
le trop-plein du chagrin
à la pesée
toutes peines confondantes maintenues
par-delà le grillage
et les fils barbelés
je te tends juste au-dessus
une main
et regarde
c'est un autre lendemain
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