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https://youtu.be/r-SoZ9kuvNc
« Disette »
En regardant ce grand chemin blanc,
Menant au château depuis mille ans,
Je me surprends à songer au temps,
Où il était couru par chétifs paysans.
Par ce chemin, ils venaient mendier,
Aide au seigneur d’un peu de grains,
Pour calmer, de leurs enfants, la faim.
Car, en l’été, la paille avait remplacé le blé.
Ainsi leurs grands chapeaux noirs,
Tenus en leurs mains, faisait savoir,
Le malheur d’une altérée campagne,
Où la vie s’était enfuie avec hargne.
Je les revois ces faméliques paysans,
S’en revenir par ce grand chemin blanc,
Tenant leurs chapeaux de feutre noir,
Contenant des aumônes bien illusoires.
Il en était ainsi en ces dures époques,
Où quelquefois les champs asséchés,
De toute convenable récolte, étaient mués,
Et où, même se taisaient les chants des coqs.
Johan (JR.).
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