|

Si tu pleurs, ne pleure non pas sur ta jeunesse,
Elle a tourné le dos, l'annonce du déclin,
Lui paiera l’alerte d’une grande faiblesse…
Vois que la ruine s’est levée tel félin,
Pour bondir, t’agripper, afin de se repaître,
De ta vie si fraîche, si tendre. D’un mortel !
La fin est annoncée, vétusté vient paître,
Sur cénotaphe blanc en place comme autel !
Chaque jour qui passe, se modifie rapide,
L’adresse du geste, le naturel du corps,
Tu espères durer, mais tu n’es plus valide…
Tu es le désigné pour être l’un des morts !
Tu dois disparaitre, tu partiras très vite,
Les autres resteront, attendant tous leur tour.
Ceux que tes yeux voient, ne sont pas épiphytes…
À eux incomberont d’y parvenir un jour !
Alors sur quoi pleurer ? Et est-ce nécessaire ?
Ils se tairont eux tous, vivant d’autres penchants.
Tu les as oubliés tous tes précédents frères,
Tu le seras aussi ! Plus rien d’encombrant…
Quelqu’un t’a-t-il pleuré ? Voyons on peut le dire !
Et même ce jour-là on le fera c’est sûr,
Après des liens vrais, on ne fait que d’en rire…
On rabat la terre, érigeant granit pur !
Les épreuves du temps glisseront sur la roche,
Pour laisser leurs marques d’érosions et heurts.
Puis l’oubli s’installant, le monument est moche,
L’herbe mauvaise croie, peut-être quelques fleurs…
Plus rien n’affecte, ta vie et tes pensées,
Mais regarde ceci, combien de tombeaux ?
Et de prisonniers dans les grandes tranchées ?
Oubliés, désappris, et laissés aux corbeaux !
plumedefou
|