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Ravaillac revisité (1577-1610)

le vendredi 04 janvier 2019, à 14:05. Posté par Michel Ernest


    C'est notre assassin national
    Notre régicide éclairé
    Qui de la Suède au Portugal
    N'a jamais été égalé

    Hormis peut-être par Brutus
    Qui a assassiné César
    Mais le nôtre a un petit plus :
    Son petit côté franchouillard

    Mil cinq cent soixante dix-sept
    Est l'année où notre homme naît
    Quant au jour, c'est vraiment trop bête
    Pas même lui ne le connaît

    Il a pour prénom de baptême
    Le même qu'un "roi-chevalier"
    Comme lui natif d'Angoulême :
    Le célèbre François 1er

    Son père, Jean, greffier du maire
    Devenu ivrogne et violent
    S'est fait rejeté par sa mère
    Qui quitte mari et enfants

    Placé chez des oncles, tranquilles
    Chanoines de la cathédrale
    Le gamin apprend l'évangile
    Et se construit tant bien que mal

    Bientôt il est maître d'école
    Il enseigne le catéchisme
    En prenant soin dans ses envols
    D'attaquer le protestantisme

    "D'ailleurs, le bon roi Henri IV
    Converti, en quatre-vingt-treize
    Dans la cathédrale de Chartres
    En prend un peu trop à son aise

    Il s'entoure de calvinistes
    Luthériens et lucifériens"
    Rumine le séminariste
    En nourrissant un noir dessein

    "Le roi veut attaquer l'Espagne
    Pays catholique et ami !"
    Furieux au fond de sa campagne
    François veux monter à Paris

    "Mais cette fois-ci, point de phrase
    Pour raisonner sa majesté !"
    Ravaillac va lui chercher noise
    Avec un couteau de boucher

    Par la diligence au passage
    Qui file du sud vers le nord
    Il part pour un Très Grand Voyage
    [T.G.V., disait-on alors]

    Arrivé dans la Capitale
    Il se dirige vers le Louvre
    À proximité, il s'installe
    Avec son couteau qu'il recouvre

    Quand il aperçoit le carrosse
    Il bondit pour le rattraper
    Et d'un coup de couteau atroce
    Il frappe le roi stupéfié

    Aussitôt la foule l'entoure
    "Il faut le capturer vivant !"
    Crie une voix aux alentours
    C'est la police, il était temps

    Durant deux jours, on le questionne
    "Est-il tout seul ? On veut des noms !
    On le torture, on l'emprisonne
    Ravaillac répond toujours "non"

    Au bout d'un procès de dix jours
    Il est condamné au supplice
    Devant la mort, il nie toujours
    Avoir eu le moindre complice

    Malgré sa terrible souffrance
    Jusqu'à la fin, le bougre nie
    Alors, pour gouverner la France
    Le jeune roi prit Conci…ni

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