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https://youtu.be/5ZDsCJ4rGD4?list=RDhOzQh2YOsso
« La malédiction »
Voyez, ma douce, comme vous ressemble,
Cette verte forêt qu’une pluie vient de laver,
Quand la peine mouille vos yeux chagrinés
Et que, de tourment, tout votre corps tremble.
Vous êtes là, assise sur ce banc de pierre,
Sous la voute ruinée de ce château forestier,
Seul vestige d’un invraisemblable sanctuaire,
Où vécut jadis une dame qui avait vos traits.
Comme vous, sur ce banc, ses yeux ont pleuré,
Lorsqu’elle sut que son amour avait trépassé,
Tué sur l’herbe du champ de bataille de Muret, (1)
En criant sa détresse de vous perdre pour l’éternité.
Ma douce, cette dame devait être votre ancêtre,
Car vous aussi, aujourd’hui, vos yeux pleurent,
D’avoir perdu celui que glorifie tout votre être,
Comme vos parentes d’antan affligées de ce malheur.
Serait-ce là le constat d’une malédiction infâme,
Qu’il vous faudra détruire pour l’amour de vous,
Apportant ainsi, à votre cœur, la paix de votre âme,
Afin que vous puissiez enfin me voir, là, à genoux
Et réaliser, enfin, que je vous aime ma douce dame.
Johan (JR.).
(1) La bataille de Muret eut lieu le 12 septembre 1213, dans la plaine à 25 km au sud de Toulouse dans le cadre de la croisade des albigeois. C'est une bataille importante où se sont affrontés Raymond VI, comte de Toulouse, et ses alliés Raymond-Roger, comte de Foix, Pierre le Catholique, roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, et Bernard IV de Comminges, et les troupes françaises croisées commandées par Simon de Montfort.
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