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A la fin du voyage
A la fin du voyage, j’arrimerai mon corps
Aux pontons désarmés de mes propres naufrages,
J’aliénerai cet or que les conquistadors
Ont volé aux indiens en leur faisant outrage.
Je cracherai enfin à la face du monde,
Tout le sang de mes larmes et leurs idées reçues,
Mais tant que notre terre pourra faire sa ronde,
Le Cercle des poètes n’aura pas disparu.
Mes graines n’ont produit que de la mauvaise herbe,
Mes arbres n’ont donné que des fruits défendus,
Mes blés n’ont pas offert leur nourrissante gerbe,
Ici-bas le bonheur ne m’a jamais repus.
Comme si les saisons se cherchaient des mystères
Et les hommes des dieux pour mieux les profaner,
Comme la mort dans l’âme se taisent les prières,
Aucune confession n’osera me blâmer.
A la fin du voyage, je détruirai mon ile,
Ce lagon de misère que j’aurai sabordé,
Cette oasis meurtri de n’être plus fertile,
Ce fœtus qui n’aurait pas du être enfanté ;
Mon corps s’habillera d’une pâleur extrême,
Drapé dans l’inconscient des lentes agonies,
Et si tu te recueilles sur l’un de mes poèmes,
N’oublie pas malgré tout que j’ai aimé la vie.
Claude
( Poème de 2016 )
https://www.youtube.com/watch?v=TVfckJaw0hE
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