|
La muse.
Oui je devrais me taire, me faire tout petit,
m’enfoncer sous la terre aux confins de l’oubli.
Dans une histoire d’amour, il vaut mieux être deux.
Pour troubler votre cœur, je ferais de mon mieux.
Je sais bien que « prudence est mère de sûreté ».
J’ajouterais la patience pour rêver d’un baiser.
Je ne me rappelais plus cette douce sensation
qui des pieds à la tête vous donne des frissons.
Par un heureux hasard, je vous ai rencontré.
Depuis je compte les jours et je suis bouleversé.
Car il me faut attendre à chaque fois le jeudi
pour espérer vous voir. Alors, je me languis.
Cet instant de la semaine est devenu délicieux.
Vous vous tenez debout à portée de mes yeux.
Vous allez, comme moi, entrer dans le cinéma.
Quel peut être le film qui retient votre choix ?
Ce serait merveilleux d’être dans la même salle.
Je n’ose pas vous parler, voilà que je m’emballe.
Prendre n’importe quel billet pour être près de vous.
Mais si vous l’appreniez, je passerais pour un fou.
Je n’aurais pas l’outrance de tenter par la ruse
d’aborder en trichant celle qui est ma muse.
Quelle belle manière d’honorer une femme
sans lui courir derrière pour déclarer sa flamme.
Vous bousculez ma vie, soulevez mes sentiments.
Et je me sens léger sans être votre amant.
Un objet par envie est souvent éphémère.
Le sujet du désir est beaucoup plus sincère.
Tout en vous est beauté, grâce et sincérité.
Cette silhouette élégante inspire la volupté.
En gardant une distance, je protège mon histoire.
Par excès de confiance, j’ai connu des déboires.
Je repousse donc sans cesse l’idée de vous aborder.
Par des mots maladroits, j’ai peur de tout gâcher.
Si je peux être bavard pour un brin d’amitié,
Je suis plutôt trouillard quand il s’agit d’aimer.
Le silence qui enveloppe ce mélange d’émotions
entretient mon espoir sans me faire d’illusion.
Le bon sens voudrait que je brise la glace,
en tentant ma chance et sortir d’une impasse.
Vous n’imaginez pas combien c’est envoûtant
d’avoir une dulcinée qui n’est pas au courant.
Rien ne peut galvauder ma curieuse passion
à l’abri des orages, des larmes, des trahisons.
Quelle que soit la raison, je resterais fidèle.
Attirer l’attention sans me brûler les ailes.
Ainsi je vous écris un bien curieux poème
avec les mots sincères de mon âme bohème.
Trouverais-je l’audace de trahir mon secret
en vous le remettant par un geste discret.
Je ne serais pas vexé si vous ne répondez pas.
Vous voir lire cette lettre me comblerait déjà.
En me jetant à l’eau, je n’aurais pas de regret.
Car un acte d’écriture n’est jamais désuet.
En vous laissant cette trace d’émotivité.
J’immortalise pour nous un moment de vérité.
|