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Gilbert Bourdin [Le Mandarom] revisité (1923-1998)

le mardi 15 janvier 2019, à 19:24. Posté par Michel Ernest



    Chez les agités du bocal
    Il existe des fous furieux
    D'autres, qui ne font aucun mal
    Mais il y a entre les deux

    De doux dingues, plein d'empathie
    Auxquels certains donneraient tout
    Leur femme et leurs économies
    On les appelle les gourous

    Celui que je vais vous décrire
    Par rapport à des Raëliens
    N'est ni meilleur et n'est ni pire
    Mais je devais en choisir un

    Le problème avec ce bonhomme
    C'est qu'il porte un nom si courant
    Que je dirai le "Mandarom"
    Pour le citer dorénavant

    Il naît en mil neuf cent vingt-trois
    Au Lamentin, en Martinique
    Il fait des études de droit
    De médecine… et puis tout quitte

    Il se marie, puis il divorce
    Puis, il se marie derechef
    Puis, re-divorce, à bout de force
    Las des femmes et leurs griefs

    Lors, pour les Indes, il s'embarque
    Pour y apprendre le yoga
    Près d'un authentique monarque
    Le maharadjah "Sivananda"

    Pendant trois années il s'imprègne
    De cette discipline zen
    Que dès son retour il enseigne
    À de rares énergumènes

    Aussi, il s'établit en France
    En mil neuf cent soixante-sept
    Dans une grotte de Provence
    Où il convie quelques adeptes

    Enfin, il fonde à Castellane
    Le mouvement du "Mandarom"
    Où sa folie mégalomane
    Le fait passer pour un surhomme

    Il se construit un monastère
    Dans lequel viennent vénérer
    Le "Messie cosmoplanétaire"
    Des centaines d'illuminés

    Tout cela ne serait pas grave
    Si le fada n'avait pas pris
    Ses adhérents pour des esclaves
    Et des mineures dans son lit

    Durant les années quatre-vingt
    Et les années quatre-vingt-dix
    La Radio, les grands quotidiens
    Petit-à-petit réagissent

    La télé fait des reportages
    Parfois en caméras cachées
    Mais pour l'opinion, c'est un mage
    Avec quelques illuminés

    Toutefois il faut reconnaître
    Que quelques voix s'élèvent contre
    Des statues de plus de vingt mètres
    Qui sur le ciel la honte, montrent

    En quatre-vingt-quinze, une affaire
    De suicides dans une secte
    Dite "Ordre du Temple Solaire"
    Vient rendre le messie suspect

    Les médias deviennent critiques
    "Le Mandarom" semble plus sombre
    Et sous la pression politique
    Des plaintes sont posées en nombre

    Mis en détention provisoire
    Le gourou nie de A à Z
    Et sans preuve rédhibitoire
    À une relaxe, on procède

    Mais le galactique despote
    Diabétique est cloué au lit
    Et de plus avec sa tremblote
    De jour en jour, il s'affaiblit

    Malgré une instruction rapide
    Il meurt en quatre-vingt-dix-huit
    Comme une vengeance perfide
    Forçant l'extinction des poursuites

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le mardi 15 janvier 2019, à 23:10
Je me rappelle d'autant mieux ce triste fait divers que des neveux et nièces habitaient Castellane et s'interrogèrent, inquiets autant que dubitatifs, avant de condamnerce qui se passait dans le Mandarom

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