|
Je me souviens encor, lorsque j'étais enfant
En regardant le temps qui passait à l'horloge,
Je me disais déjà, du haut de mes quatre ans :
"Qu'il va vite le temps!"
Voici mon crépuscule. Il neige sur mon front.
On veut que je raisonne en parfait philosophe.
Mais je sais seulement que l'existence fond
Trop vite avec le temps.
Et quand je me surprends à songer au passé,
Il m'arrive parfois de me prendre la tête
Et me dire à moi seul :"Mon pauvre Vieux René
Qu'il va vite ton temps !"
Tant et tant d'êtres chers hélas ! s'en sont allés,
Je sais que je suis vieux et que la mort me guette.
Sont partis sans retour mes visages aimés,
Emportés par le temps.
Sont mortes mes amours et quid des grands projets ?
Qu'ai-je fait de ma vie et de tous mes beaux rêves?
Et puisque désormais las ! mes jours sont comptés,
Ira vite le temps.
Je me revois encor au temps de mes quatre ans
Et me demande si j'ai le coeur et la sève
Pour lutter jusqu'au bout sans penser qu'aux cadrans
Va trop vite le temps.
Car même si je veux penser en philosophe
Sage et dépassionné, je sais bien qu'à l'horloge
ACCÉLÈRE LE TEMPS.
Ploufragan 15 janvier 2019
|