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Le retour.

le mercredi 16 janvier 2019, à 18:19. Posté par Pascal


Le retour.

L’hiver est là, bientôt Noël, la neige recouvre les sapins.
Une poudreuse inoffensive, des boules blanches pour les gamins.
Le retour de l’enfant prodigue, perdu sur un horrible chemin.
Une mère émue, les yeux humides, entre la joie et le chagrin.
Elle rêvait du magicien d’OZ quand lui courait après sa dose.
Avec la première prise, tout explose.
Alors il s’extasie, il craque en lover d’OZ.
Et il devient accroc sans faire de pause.
Pour trouver le paradis sur terre,
il s’enfonce une aiguille entière.
Une héro brune qui devient l’enfer
coule dans ses veines avant le cimetière.
L’état d’urgence bouffe le cerveau.
La dépendance laisse sur le carreau.
Et pour porter son lourd fardeau,
il peut devenir un vrai salaud.
Toxicomane, il attrape la rage.
Toute sa vie est un naufrage.
Ses proches sont secoués par l’orage.
C’est la terreur et l’engrenage.
Une cure peut sembler salutaire
pour le sortir de sa galère.
Battre la drogue est pire que la guerre.
Car c’est lui-même l’adversaire.
Bien sûr, elle ne lui fait plus confiance.
Trop de magouilles, tellement d’outrances.
Pour s’affranchir de la résilience,
son seul crédo c’est l’abstinence.
A l’occasion d’une réunion, il témoigne de son addiction.
Il fait un acte de contrition sans jamais demander pardon.
Il partage avec d’autres les dégâts de l’exclusion
en espérant enfin trouver la meilleure solution.
Lui, il accepte ses remontrances.
Il se reproche toutes les souffrances,
endurées par ses choix de transe,
sans parler des gestes de violence.
La seringue était sa seule compagne.
Les shoots vite faits étaient son bagne.
Une tête de mule remplie de hargne :
dealer, menteur et opiomane.
Pour un sachet, il a vendu son corps
à des sales pervers sans remords.
Souvent, il a aussi frôlé la mort
dans des taudis à l’ambiance gore.
Le cerveau doit être désintoxiqué.
Le cœur l’aidera à s’accrocher.
Le courage l’empêchera de replonger.
Même s’il ne sera jamais sauvé.
Elle doit le tenir à distance de ses mauvaises fréquentations,
le surveiller avec patience en exerçant la bonne pression,
lâcher du lest en récompense de son degré d’implication
et l’aimer avec bienveillance en étant sûre d’avoir raison.
Pour se sentir encore vivant,
il accepte de prendre ce tournant.
Son amour est le vrai médicament.
Sans hésiter, l’héroïne c’est sa maman.

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le mercredi 16 janvier 2019, à 18:41
Bonsoir Pascal, une poème qui remue l'intérieur.... C'est plus que touchant... C'est une descente aux enfers et il est parfois bien difficile de remonter à la surface. C'est un combat de tous les jours, et comme tu le dis si bien dans ce poème c'est un combat contre soi même. Merci de ce touchant partage
Belle soirée
Amitié
Debbie

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