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Jules Bonnot revisité (1876-1912)

le vendredi 18 janvier 2019, à 12:33. Posté par Michel Ernest



    Ami lecteur, point d'équivoque !
    Je ne suis pas fan de Bonnot
    Mais admirant la Belle Époque
    Ma joie peut dépasser les mots

    Les premières automobiles
    La Tour Eiffel et ses badauds
    J'adore ces années tranquilles
    Bonnot n'est qu'une ombre au tableau

    En mil huit cent soixante-seize
    Naît dans un village du Doubs
    En octobre, un vendredi treize
    De Joseph, un homme très doux

    Jules Bonnot, encore sage
    Que sa mère gâte souvent
    Elle meurt à la fleur de l'âge
    À son troisième accouchement

    Alors changement d'attitude
    Le gosse devient renfrogné
    Il paresse dans ses études
    Il est violent et effronté

    On le met en apprentissage
    Mais il n'est pas très motivé
    Il préfère le tabassage
    Dans les guinguettes du quartier

    Il est connu de la police
    Qui le met souvent en cellule
    Puis s'en va faire son service
    Pendant trois années, c'est la bulle

    À vingt-cinq ans il se marie
    Avec une fille du coin
    En espérant cette fois-ci
    Qu'il retrouve le droit chemin

    Il tente bien de s'assagir
    De ne plus cogner sur les gens
    D'avoir un enfant à chérir
    De trouver un emploi décent

    Mais rapidement tout s'écroule
    Le bébé meurt, la femme pleure
    Jules Bonnot se met en boule
    Et assomme ses employeurs

    Plus de boulot, femme partie
    Avec son plus fidèle ami
    Jules Bonnot se réfugie
    Dans la plus vulgaire anarchie

    Il commet des cambriolages
    Il perfore des coffres-forts
    Il réalise des braquages
    Avec un minimum d'effort

    Il s'achète une automobile
    Pour mieux effectuer son boulot
    Tandis que les sergents de ville
    N'ont qu'un cheval ou un vélo

    À la fin de mil neuf cent dix
    Bonnot est enfin arrêté
    Pour avoir occis un complice
    Mais on ne peut pas le prouver

    L'année suivante, il s'associe
    Avec des gars sans complaisance
    Issus du journal "L'Anarchie"
    Parmi lesquels "Raymond la Science"

    Le mois d'après, les malfaiteurs
    Tassés dans une limousine
    Guettent un garçon-encaisseur
    Qu'ils agressent et assassinent

    La bande poursuit son périple
    De braquages à main armée
    Faisant des victimes multiples
    De civils et de policiers

    On les trouve à Gand, en Belgique
    Trucidant un veilleur de nuit
    À Paris, abattant un flic
    Pour une poignée de radis

    À la Société Générale
    De Chantilly, ça tourne mal
    Ils tuent un gendarme à cheval
    Pour un butin de mille balles

    C'est dans la banlieue parisienne
    Que Bonnot se fait repérer
    Tout d'abord à Ivry-sur-Seine
    Il s'en tire, quoique blessé

    Quelques jours plus tard, la police
    Le retrouve à Choisy-le-Roi
    Logeant chez un de ses complices
    Le garagiste Jean Dubois

    Les forces de l'ordre l'enjoignent
    De se rendre les mains en l'air
    Mais pour ne pas finir au bagne
    Ou donner sa tête à Deibler

    Il tire sur les "hirondelles"
    Puis rentre précipitamment
    Écrire au clair d'une chandelle
    Une sorte de testament

    Aussi la police en profite
    Pour jeter sur le bâtiment
    Quelques bâtons de dynamite
    Blessant Bonnot grièvement

    Il lui reste encore la force
    De terminer son manuscrit
    Puis bombant fièrement le torse
    Il hurle : "Vive l'anarchie !"

    Dans l'ambulance qui l'emmène
    Vers l'Hôtel-Dieu, trop lentement
    Il meurt d'une façon soudaine
    Il aurait dû être au volant

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