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L’Eternité.
…..Délire, Fiction, fausse Science, Rêve ou Réalité, L’Eternité non engendrée, absolue, immanente, l'Eternité de la Matière incréée sidère l’Entendement et l’Imagination, provoque, déroute la Parole. Je l’imagine sans Au-Delà ni Transcendance, indéfectible et pourtant fissurée dont saigne la Plaie éternelle du Temps, éternel Mouvement sculptant incessamment la Géographie baroque des Mondes, Cosmographie de Hasards tournoyant sans Mesure et vomissant les Univers...Je l’imagine sans Fin, sans Origine, éternel Battement de l’Espace se déchirant entre le Proche et les Lointains, éternelle Rythmique agglutinant et démembrant la Glaise épaisse des Matières, formatrice gigantesque des Lieux, Scission et Différenciation, Failles, Fractures, Nappes de Laves, Dunes, Rochers !…
Hivers et Fournaises, Glaces et Brasiers se mêlent, se succèdent, Eruptions, Effondrements, Aridités, Bouillonnements, Nuit et Lumière, Croissances et Déclins, Accrétions et Décompositions, Production, Caducité incessantes des Formes, Loi éternelle du Devenir, Scansions des Mondes apparaissant, disparaissant, jaillis et engloutis, Infinité mouvante, Mouvance infinie de Matière dont émergea la Vie, le glorieux Drame du Vital, l’Emergence inouïe et tragique hors du Silence des Océans, dit-on, dont j’ai rêvé souvent n’être jamais sorti...Génération et Corruption scandent l’Eternité de la Nature impérissable, la Vastitude inconnaissable, l’Interpénétration et l’Intervalle des Contraires, la Jonction énigmatique des Inconciliables, la Source inlassable des Naissances, l’éternelle Reprise dans le Chaos de la Mort, le Flux et le Reflux sans Fin…
Un Sang sauvage irrigue en Pulsations l’Epaisseur de la Chair et les Corps pathétiques des Vivants-Mourants nés de l’Inorganique où ils retourneront et trouveront leur Finitude et leur Dissolution, l’Eternité du Temps les accorda un Temps, les désaccordera pour toujours, à jamais...Ô Splendeur et Misère, Gloire et Disgrâce ! La Loi sans Fond et sans Raison du Double les vêtira de la Présence, les déshabillera dans la Tombe et l’Absence ! Ô Défiguration, Dislocation, Vérité de la Mort, Hommes broyés et vous aussi, les Amis inconnus qui serez emportés dans le Silence et dans l’Abîme de l'Oubli! Vérité de l’Errance ! Terre fermée qui donne et qui reprend, Verrou du Sens où la Parole se disloque, dont la Conscience ne voudrait rien savoir ! Nous naissons, périssons sans Raison et pour Rien sur la Scène du Monde, Vanité et Orgueil se disputent le Coeur, Flammèches de Matière, brèves Lueurs, Lucioles, Crépuscule clair-obscur, « Etincelles dans la Nuit éternelle » !…..
Tristes Jours, tristes Heures, l’Homme humilié, défiguré, qui dénie son Néant, sa Parenté avec l’Inorganique, Homme dans le Tremblement du Sens, sur les Voies équivoques du Vrai, les Incertitudes du Doute, leurré par la Naïveté et l’Innombrable des Opinions, l’Homme dans son effort de Surpuissance, d’Auto-Affirmation et de Consolation qui sans cesse se brisent sur l’Eternité de la Mort...Travail, Ivresse, Oubli, Sommeil, Amour et Jeu, Folie, détournent, un Temps, de nous la Conscience tragique, le Désespoir, l’Ennui, le Découragement, la Hideur du Cadavre, la Fosse et le Tombeau. Puissions-nous avoir savouré, le Temps d’une Vie, la Joie des Possibles, la Présence fugitive de la Beauté des Oeuvres d’Art, un autre Monde dans le Monde, transfiguré, intensifié même dans l’Illusion, Entrevision de Marbre et d'Or, Cercle azuré de l'Immortalité!.....
Nous attendrons, le Regard sidéré par la Mélancolie et l’Incommensurable, le Coeur et l’Esprit en Enfer, dans un courageux Désespoir, nous attendrons le grand Rapatriement ou le suprême Exil à l’éternel Chaos, au Fond informe du Flux vital, dans le Repos inorganique dont il n’est ni Représentation ni Connaissance, Pressentiment peut-être, une infinie Latence à l’infini Mystère d’Eternité, à l’éternel Silence d’où Tout provient, où Tout se désassemble pour d'autres Formes, d'autres Naissances incessamment et d'autres Morts!.....L'Eternité!.....
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