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Je peins
Je trace les contours d’empreintes familières
Aux lisières d’un corps que je vais dévoiler.
Je peins pour convoiter tes formes buissonnières
En te dévisageant mais sans te retoucher.
Pour t’immortaliser, sensuellement j’esquisse
Les courbes harmonieuses qui me renvoient l’écho
De ton corps dénudé sous nos regards complices,
Même sans t’effleurer, je caresse ta peau.
Dans le moindre détail, je cherche ressemblance,
Là, un grain de beauté, sur un endroit charmant
Des tâches de rousseur dans leur évanescence
Ensoleillent la toile tout en m’éblouissant.
Un essaim de couleurs te teinte de suave,
Je dilue mes pulsions afin qu’elles s’atténuent
Car en t’enluminant, mes prunelles dépravent
Le galbe de tes seins exposés à ma vue.
Comme le musicien qui lui aussi compose,
Je mets à ma portée des notes colorées ;
Tout en restant figée, tu te métamorphoses,
J’ébauche le chef-d’œuvre de ta féminité.
Tous les bouquets de fleurs à peindre seraient fades,
Les plus beaux des icônes seraient de l’art abstrait,
Les plus belles Sonates, de bien mièvres aubades
Si tu ne posais pas devant mon chevalet.
La peinture c’est aussi de la littérature,
Le pinceau ou la plume calligraphient les mots,
Parfois en trompe l’œil, une nature morte
Vient me planter sa lame quand je peins au couteau.
La peinture convertit la beauté en tourment
Claude écrit en février 2015
https://www.youtube.com/watch?v=PV2gA9X71sw
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