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STOP.
Contrairement aux apparences, votre sort est déjà scellé.
L’état de vide et de non-sens achève toutes les destinées.
Tapie dans l’ombre et le silence, elle agit dans l’impunité.
Aucun espoir de clémence parce qu’il n’y a pas d’immunité.
C’est impossible de la décrire car sa venue est toujours fatale.
Soudaine ou dans l’agonie, elle n’est même pas le dernier râle.
Elle ne dépend pas des douleurs ou de vos raisons médicales.
Elle n’essaie pas de vous faire peur. Elle est naturellement banale.
Même la fameuse épée de Damoclès, en symbolisant le sursis,
est l’aveu de votre faiblesse quand elle fauche sans un bruit.
En s’accrochant à la vieillesse, on la repousse par le déni.
Elle tient toujours sa promesse s’agissant d’ôter une vie.
Face à une fin inéluctable, l’homme ne cesse de dérailler
avec ses accès de colère ou des instincts de meurtrier.
Ce mépris de la vie, faisant la guerre au lieu d’aimer la paix,
ajoute aussi une pointe d’ironie à sa crainte du coup d’arrêt.
Sa capacité de destruction frise également le ridicule,
faisant fi de la pollution et des dégâts qui s’accumulent.
La planète est sous pression, tous les équilibres basculent.
La tyrannie de l’expansion annonce son propre crépuscule.
Les fastes de la réussite, cette obsession pour les richesses,
des injustices sans limite et les stigmates de la détresse,
la vérité doit être dite ont la froideur de sa bassesse.
L’en-avant dans sa fuite est le cercueil de son ivresse.
Son dessein universel est un vrai marqueur égalitaire.
Une tradition culturelle bercée par ses rites funéraires.
La mise en bière des mortels résonne d’une seule prière :
goûter aux douceurs du Ciel, pas aux fournaises de l’Enfer.
Mais il n’y a guère de logique à ce doux rêve d’immortalité.
Les croyances sont pathétiques en nous promettant l’éternité.
Ainsi l’acharnement thérapeutique frôle souvent l’obscénité.
Brisons les chaînes hystériques. Disons « assez ! » avec dignité.
Il y a plusieurs façons de vivre. Une seule suffit pour mourir.
A vous la décision de pleurer ou si vous préférez d’en rire,
faire le strict nécessaire pour ne pas trop souffrir,
en acceptant son évidence et ainsi mieux l’accueillir.
Alors, tant que le cœur bat c’est la vie avec des choix.
Et la mort est juste un STOP quand le souffle s’en va.
Elle ne vous juge pas, ne dicte pas vos devoirs ou vos droits.
Votre chagrin, ses regrets et ses peines, ne la concerne pas.
Voici l’être et le néant comme « pile et face » d’une même pièce.
Jetée en l’air, elle flotte et elle tournoie avec noblesse.
La chance n’y changera rien, encore moins votre adresse.
Bon ou mauvais côté, vous passerez un jour à la caisse.
J’écris cette poésie pour conjurer l’idée de malheur.
Quand il cessera de battre, je serai de bonne humeur.
Pas besoin d’en rajouter : ni larmes, ni discours, ni fleurs.
Je meurs comme part le train. Simplement parce que c’est l’heure.
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